Carte mentale, mind mapping pour apprendre et retenir plus vite

Deux mains sur un carnet pour la création d'une carte mentale

Vous avez passé trois heures dimanche après-midi à lire un livre fascinant sur la Révolution française. Mardi matin, un collègue vous demande : « Ça disait quoi déjà ?» Vous ouvrez la bouche. Mais rien. Vous pensez guillotine, Louis XVI, Danton. Le reste s’est évaporé.

Cela n’a rien d’inhabituel. Simplement votre cerveau n’est pas fait pour stocker des listes linéaires d’informations. Il fonctionne par images, par connexions, par arbres de concepts ramifiés.

En 2014, des neuroscientifiques du MIT [1] ont montré des images à des volontaires pendant seulement 13 millisecondes. Les participants pouvaient quand même identifier ce qu’ils voyaient : un pique-nique, un couple qui sourit. Dans cette même étude, la chercheuse Mary Potter a expliqué que le cerveau passe sa journée à chercher du sens visuel, pas à empiler du texte.

Voilà pourquoi la carte mentale fonctionne. Elle transforme vos lectures en schémas visuels que votre cerveau peut photographier et mémoriser durablement.

Qu’est-ce qu’une carte mentale ?

Une carte mentale [2]  est un schéma qui imite le cheminement naturel de votre pensée.

Au centre : un concept clé. Autour : des branches principales qui représentent les grandes facettes du sujet. Sur ces branches : des ramifications secondaires qui détaillent chaque aspect.

Exemple de carte mentale avec les éléments attendus

Le mot « heuristique » vient du grec ancien « eurisko » : « e trouve ». Tony Buzan, psychologue britannique spécialiste de la mémoire, a popularisé cette méthode dans les années 1970, mais le principe existe depuis l’Antiquité. Aristote utilisait déjà des représentations logiques, et au Moyen Âge, les érudits cartographiaient leurs connaissances de manière visuelle.

La puissance de la carte mentale vient du double encodage : quand vous présentez une information à la fois visuellement (avec des couleurs, des dessins) et verbalement (avec des mots-clés), votre cerveau la mémorise mieux. Vous sollicitez vos deux hémisphères simultanément — le gauche pour la logique et le langage, le droit pour la créativité et la synthèse.

Les 5 usages concrets de la carte mentale

1) Prendre des notes d’un livre et les retenir

Marc, 42 ans, entrepreneur, a lu récemment un livre sur la crise au Yémen. Fascinant, mais complexe. Mais quand un ami l’interroge sur le sujet, quelques jours plus tard, impossible de faire une réponse structurée. Tout se mélange.

Marc reprend le livre et crée une carte mentale. À savoir une feuille A4 en format paysage avec, au centre, le drapeau yéménite et ces mots : YÉMEN : LE POINT COMPLET.

Ensuite, quatre branches principales de couleurs différentes.

  • La première branche, en rouge : Acteurs du conflit. Sur cette branche, il a noté les sous-branches Houthis, chiites zaïdites. Puis le Gouvernement reconnu internationalement, l’Arabie Saoudite, sunnite, l’Iran chiite qui soutient les Houthis, et enfin Al-Qaïda qui profite du chaos.
  • La deuxième branche, en vert : Causes historiques. Les sous-branches : la révolution de 2011 qui a chassé Saleh, les tensions nord-sud depuis l’unification de 1990, l’influence grandissante des Houthis après 2011, et la prise de Sanaa par les Houthis en 2014.
  • La troisième branche, en bleu : Conséquences humanitaires, et en sous-branches :  la famine qui touche des millions de personnes, l’épidémie de choléra, les infrastructures détruites (hôpitaux, écoles), et les déplacements de population.
  • La quatrième branche, en jaune : Dimension internationale, avec, en sous-branche,  l’intervention saoudienne en 2015, le blocus imposé au Yémen, les tentatives de médiation de l’ONU, et les tensions régionales Iran-Arabie Saoudite.

Avez-vous retenu ces éléments touffus et linéaires ? Probablement pas, et c’est normal. C’est pourtant le même genre de texte dense que vous essayez de mémoriser depuis le collège. Marc, lui, a choisi une autre voie. Il a mémorisé l’image visuelle de sa carte.

Maintenant, quand il repense au Yémen, il revoit les branches, les couleurs, la disposition des éléments, les pictos et les dessins. C’est cette photo mentale qui lui sert, pas une liste de phrases.

Marc n’a eu besoin que de 30 minutes pour re-parcourir son livre et compléter sa carte au fur et à mesure. Il a vérifié et ajouté l’essentiel : les dates précises, les chiffres, les éléments visuels. Trois semaines plus tard, quand le sujet revient dans une conversation, il peut expliquer clairement qui combattait qui, pourquoi, et depuis quand.

Le site mescartesmentales.fr, spécialisé dans la création de cartes mentales pédagogiques, propose de nombreux exemples sur des sujets variés. Voici leur carte sur Napoléon :

Mindmap sur Napoléon par le site mescartesmentales.fr

Cette carte illustre parfaitement la puissance du procédé : en un coup d’œil, vous saisissez l’ensemble du règne de Napoléon. Les branches colorées organisent l’information par thème (bilan, destin, batailles), les petits dessins créent des ancrages visuels, et la disposition spatiale vous permet de photographier mentalement le contenu.

Le processus est universel. Que vous travailliez sur Napoléon, le Yémen, la philosophie stoïcienne ou l’histoire du jazz, la logique reste la même : un sujet central, des branches thématiques, des sous-branches détaillées, et des visuels pour ancrer la mémorisation. Votre cerveau retient l’image globale, puis peut naviguer dans les détails en suivant les branches.

2) Résumer un texte complexe en une page visuelle

Face à un article dense sur la crise des subprimes ou un chapitre sur la théorie de la relativité, la carte mentale transforme la complexité en clarté. L’objectif : faire tenir l’essentiel sur une seule page. Vous ne pouvez pas tout noter. Vous devez choisir. Ce processus de sélection force votre cerveau à traiter activement l’information plutôt que de la copier mécaniquement.

Identifiez d’abord 5 à 7 sujets parents. Pour la crise des subprimes :

  • Causes,
  • Mécanismes financiers,
  • Conséquences,
  • Acteurs,
  • Chronologie.

Puis développez les sujets secondaires. Par exemple, sous Mécanismes financiers : Titrisation, CDO, Agences de notation.

Cette représentation spatiale permet à votre cerveau de voir l’information organisée dans l’espace. Il n’est plus obligée de déchiffrer une liste verticale. 

3) Réviser sans relire 50 pages de notes

Vous replonger dans vos prises de notes pour réviser ? C’est long, ennuyeux, et surtout inefficace. Votre cerveau décroche au bout de trois pages.

La carte mentale change la donne. Prenez le temps de la créer quelques jours avant votre révision, puis laissez-la reposer. Ce temps de maturation est essentiel. Pendant votre sommeil, vos trajets, vos douches, votre cerveau continuera à faire des associations. De nouvelles connexions surgiront. Vous ajouterez des branches et changerez des couleurs.

Ensuite, très important, verbalisez votre carte à l’oral. Racontez-la à quelqu’un ou à vous-même. Transformez le schéma en récit.

En synthétisant l’information de manière visuelle, votre cerveau peut photographier la carte. Les couleurs, les emplacements et les icônes deviennent des indices de récupération pour votre mémoire. 

4) Favoriser l’apprentissage mnémotechnique

Vous voulez retenir sans erreur les douze empereurs romains, les huit planètes du système solaire avec leurs caractéristiques, ou les grandes étapes de la Renaissance italienne ?

La carte mentale vous oblige à organiser les éléments de manière logique : cela peut être par période, catégorie,  fonction, ressemblance… Ce travail de classification force votre cerveau à traiter activement l’information au lieu de la subir passivement.

Résultat : adieu les successions de faits qui s’entassent dans votre tête.  Quand vous cherchez une information, vous suivez mentalement le chemin logique que vous avez créé. Vous retenez une structure où chaque élément a sa place.

Pour les douze empereurs romains, le point de départ est « Empereurs romains ». Le regroupement se fait par dynastie. La dynastie julio-claudienne constitue un premier ensemble. La dynastie flavienne en constitue un second. Chaque empereur s’inscrit stablement dans son groupe. Un signe distinctif, lié à un fait ou à une caractéristique connue, permet de l’identifier. 

Prenons maintenant les planètes du système solaire. Au centre, vous inscrivez « Système solaire » et vous dessinez un soleil. Vous tracez une première branche pour les planètes telluriques : Mercure, Vénus, Terre, Mars. Vous les représentez comme des planètes rocheuses. Vous tracez une seconde branche pour les planètes gazeuses : Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune. Vous les représentez comme des planètes volumineuses. Sur chaque planète, vous ajoutez un signe visuel distinctif, comme les anneaux de Saturne ou la tache rouge de Jupiter.

Cela vous sautera aux yeux : les nouvelles informations s’intègrent à un réseau mental déjà organisé. Vous enrichissez une structure existante au lieu d’empiler des connaissances sans liens.

 

5) Visualiser des sujets complexes

Comment représenter visuellement la théorie de la relativité ? L’existentialisme sartrien ? Les mécanismes du réchauffement climatique ?

La carte heuristique transforme l’invisible en visible. Placez au milieu une image qui rende le sujet désirable. Pour la relativité, cela peut être Einstein avec une horloge tordue. Pour l’existentialisme : un homme face à un choix.

Tracez autour les branches qui décomposent le concept en éléments compréhensibles. Les mots-clés, les icônes, les formes et les couleurs s’unissent pour former une structure visuelle unique.

Par ce travail, votre cerveau spatial s’active et vous transformez  des idées abstraites en schéma attrayant, coloré et logique.

Pour illustrer concrètement ce travail de visualisation, voici une carte mentale sur le concept philosophique. De quoi le concept est-il composé, et comment en parler sans se perdre ? Suivez les embranchements !

Carte mentale sur la conceptualisation, créée par Michel Tozzi didacticien de la philosophie Crédits :  Philocité

Cette carte a été réalisée par le didacticien de la philosophie Michel Tozzi. Vous la trouverez sur le site PhiloCité, qui met à disposition des outils visuels pour travailler des notions complexes de manière rigoureuse.

Créer votre première carte en 5 étapes

Étape 1 : Choisissez votre sujet

Quelle question vous posez-vous ? Quel livre venez-vous de lire ? Quel concept voulez-vous maîtriser ? Au cœur de votre feuille A4 en format paysage,  écrivez ou dessinez votre sujet. N’oubliez pas qu’une image rend le sujet plus mémorable.

Étape 2 : Tracez 5 à 7 branches principales

Quelles sont les grandes facettes de votre sujet ? Ne cherchez pas la perfection. Lancez-vous, tracez des branches colorées depuis le centre. Une couleur différente par branche. Vous pouvez standardiser : rouge pour le « pourquoi », vert pour le « qui », bleu pour le « quoi ».

Étape 3 : Développez les détails

Sur chaque branche principale, ajoutez des branches secondaires. Puis des idées tertiaires si nécessaire. Restez dans la limite de 3-4 niveaux.

Étape 4 : Ajoutez du visuel

Couleurs, pictogrammes, images, dessins simples. Ce sera certainement très joli, mais au-delà de ça,  il s’agit de multiplier les chemins d’accès à l’information dans votre mémoire. Si un mot-clé peut être remplacé par une icone ou une image, remplacez-le. 

Argent : 💰 

Temps : 🕧

Conflit :

Étape 5 : Laissez reposer et appropriez-vous la carte

N’attendez pas la veille d’une présentation ou d’un examen pour créer votre carte. Commencez plusieurs jours avant afin de laisser le temps favoriser les associations. Puis, comme toujours, racontez votre carte à l’oral. Transformez le schéma en récit.

Votre carte mentale : papier ou numérique ?

Pour mémoriser, choisissez le papier

 La prise de notes manuscrite consolide mieux les connaissances que la version numérique. En effet, c’est tout le corps qui s’engage dans le traitement de l’information. Le geste fixe l’attention et la précision : écrire à la main, tracer les branches, choisir les couleurs renforce l’encodage et facilite la récupération des connaissances.

La championne du monde de mind mapping, Sophie Le Penher,  défend cette approche pour l’apprentissage.

Carte de Sophie Le Penher sur le mind mapping 

 Crédits : Sophie Griffon-Le Penher

Vous trouverez d’autres exemples et ressources sur son site Graphique Easy, particulièrement utile pour les ados et leurs parents qui veulent maîtriser les techniques visuelles d’apprentissage.

Le numérique aussi a ses avantages

Le numérique offre une grande souplesse de modification, avec une structure qui reste ouverte dans le temps. Vous voulez pouvoir modifier votre carte trois semaines après sans tout redessiner ? Partager votre travail avec une équipe ? Intégrer des médias dans votre carte ? Vous êtes déjà 100% numérique et l’idée de sortir une feuille et des crayons vous rebute ? Cette solution conviendra parfaitement.

Personnellement, j’utilise Miro pour mes cartes numériques.

Voici d’autres options selon vos besoins :

Les gratuits :

  • Coggle : interface simple, parfait pour débuter
  • XMind : version gratuite solide
  • Wisemapping : open source, sans inscription
  • FreeMind et Freeplane : à télécharger, gratuits et complets
  • Canva : bibliothèque de modèles prêts à personnaliser

Payants :

  • MindManager : le plus complet (avec formations certifiées)
  • MindMeister : excellent pour travailler à plusieurs en temps réel
  • Mindview : fonctionnalités avancées
  • Miro : polyvalent, idéal pour la collaboration

Les limites de la carte mentale

Bien que la carte mentale rende les sujets complexes parfaitement assimilables, elle ne suffit pas pour retenir ces sujets dans le temps ni pour les utiliser mobiliser au bon moment. Pour être honnête, rien ne remplace le temps passé à revoir, répéter et utiliser ce que vous apprenez.

Bref, la carte heuristique ne vous dispense pas de lire attentivement et ne pense pas à votre place. Comme l’IA 😜 elle accompagne le travail de compréhension, sans le faire à votre place.

Point crucial : ne vous contentez pas de regarder les cartes mentales des autres. Les cartes présentes sur cet article ou ailleurs dans le web doivent servir d’exemple, pas de support à apprendre tel quel. L’intérêt d’une carte mentale, c’est de la construire soi-même. Le fait de choisir les idées, de les organiser et de décider des liens oblige à s’approprier le sujet. Une carte toute faite ne permet pas ce travail. 

Enfin, considérez la carte mentale comme un outil parmi d’autres dans votre façon d’apprendre. Elle fonctionne bien lorsqu’on la combine à d’autres méthodes de mémorisation.
Je vous en parle en détail dans cet article :
Comment améliorer sa mémoire : 8 techniques qui fonctionnent.

À vous de jouer

Envie d’essayer ? Prenez une feuille A4, des crayons de couleur, et choisissez le dernier contenu qui vous a marqué : un documentaire, un long article, une série de vidéos YouTube, un podcast.

La première carte sera imparfaite, c’est certain : vous hésiterez sur l’emplacement d’une branche, vous barrerez des mots, vous changerez de couleur en cours de route.

Mais vous allez découvrir quelque chose d’intéressant : identifier les 5-7 idées principales devient soudainement plus simple quand vous ne les forcez pas dans une liste verticale. Les connexions apparaissent naturellement, les hiérarchies se clarifient d’elles-mêmes. Les thèmes se regroupent sans forcer.

Et vous, vous utilisez déjà les cartes mentales ? Sur quel type de contenu (documentaires, articles, podcasts) ? Dites en commentaire ce qui a marché ou ce qui vous a bloqué.


Notes et références

[1] MIT News : In a blink of an eye 

[2] Aussi appelée mind map, carte heuristique, carte cognitive, carte des idées, carte conceptuelle, schéma heuristique ou mindmapping

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8 réflexions sur “Carte mentale, mind mapping pour apprendre et retenir plus vite”

  1. Un grand merci pour cet article ! Je savais déjà l’importance et l’efficacité des mind maps pour l’apprentissage des enfants, mais étonnamment je n’avais jamais pensé à les utiliser pour moi-même. Et quand tu cites l’exemple des vidéos YouTube et des podcasts, ça a fait un gros boum dans ma tête : c’est exactement ça qu’il faut que je teste pour mieux retenir toutes ces informations que je consomme au quotidien. Vraiment merci pour cet article !

    1. Avec plaisir Mélissa ! Effectivement la carte mentale est idéale pour mémoriser les contenus que l’intelligence universelle met généreusement à notre disposition !

  2. Super article
    Ta façon d’expliquer le mind mapping est vraiment claire et accessible, même pour quelqu’un qui n’a jamais essayé. On voit bien comment une simple carte peut transformer une idée confuse en un plan structuré. Et j’aime que tu encourages à jouer avec les couleurs, les liens et la créativité plutôt que de rester sur des listes linéaires.
    Ça donne vraiment envie de s’y mettre tout de suite

    1. Merci pour ton retour encourageant Sabine ! Je m’efforce d’être le plus accessible possible, et je suis ravie de lire que c’est le cas ici. Littéraire de formation, j’ai mis du temps à réaliser l’importance du visuel pour mémoriser des éléments verbaux (théories, événements…) Tu verras que ça change la donne. Bon mindmapping à toi !

  3. Ton article tombe à pic.
    Quand j’ai rencontré ce concept de carte mentale j’ai trouvé ça génial mais c’est tellement pas rentré dans les habitudes que je le laisse à l’état de concept. Mes idées continuent d’aller dans tous les sens. Je sens que je vais gagner en efficacité avec ce concept qui permet non seulement les apprentissages mais aussi la structuration d’organisation personnelle.

    1. Merci pour ton commentaire Aurélie. Go intégrer la carte mentale dans ton organisation ! De mon côté je suis entrée dans le mindmapping par un besoin de clarification professionnelle. En moins d’une heure j’ai compris mes options et établi mon plan d’action 🌟

  4. Génial, c’est un super article ! Cela me donne l’envie de l’utiliser pour les livres que je lis. Je n’y avais pas du tout pensé. Un carnet de lecture ne suffit pas à mon goût et une carte mentale sera un bel outil pour résumer les livres que j’ai lus. Je lis environ un livre par semaine et on me demande régulièrement de les résumer. J’avoue ne pas y arriver mais la carte mentale me le permettra. Une amie utilise les cartes mentales pour son fils autiste qui a du mal à apprendre. C’est une aide précieuse aussi dans ce cas. Merci beaucoup.

    1. Merci Chantal 🙂 Le côté visuel et décoratif de la carte mentale « sublime » la prise de notes, indéniablement. Je te l’ai déjà dit : bravo pour ton rythme de lecture, et si en plus tu peux résumer tous tes livres lus ce sera une ressource supplémentaire pour toi aussi !

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