Je me sens inculte – Comment sortir du blocage ?

Un jeune homme a les doigts sur les yeux, parce qu'il se sent inculte

Beaucoup d’adultes compétents se sentent disqualifiés dès que la conversation devient trop pointue. Même si rien ne prouve qu’ils manquent d’intelligence ou de curiosité, le décalage entre leur culture et les attentes d’un certain milieu social les pousse à se dévaloriser. Pourtant, ils ne sont pas « ignorants », ils se trouvent en terrain étranger, tout simplement.

« Je me sens inculte », qu’est-ce que cela veut dire ? Tout simplement que je doute de ma place dans les conversations et j’attends que les autres valident ce que j’ai à dire. Or, que je l’accepte ou non, je suis déjà cultivé : j’ai pensé, j’ai vécu, j’ai entendu, j’ai appris. Je n’ai pas besoin d’en savoir plus que ce qui m’a conduit où je suis.

Bien sûr, c’est plus facile à dire qu’à faire. Et on ne peut pas minimiser un ressenti qui plombe le quotidien de certains : l’impression de ne rien savoir, d’être objectivement à la traîne, sans réponse. 

Dans cet article, l’objectif n’est pas d’accumuler des connaissances en un temps record, mais de vous donner les moyens de le faire. Comment ? En sortant de la spirale de l’autodénigrement. En révolutionnant votre vocabulaire pour être plus juste envers vous-même.

Parce que l’ironie est là : c’est quand on accepte de ne pas tout savoir que l’on (re)devient capable de se développer culturellement.

Pourquoi je me sens inculte ?

J’insiste sur la nuance : ne pas dire que je suis inculte. Dire plutôt je me sens inculte. Car, dans les faits, tout le monde a un bagage culturel.

Le sociologue Pierre Bourdieu explique dans La distinction (1979) que chaque individu possède un capital culturel digne de ce nom : un métier, des connaissances, une manière d’agir ou de parler, de comprendre aussi, qui lui vient de son parcours et de son entourage. C’est le produit de ce qu’on appelle sa socialisation, et c’est un capital précieux, dont il peut être fier.

Pourtant, je n’ai vraiment pas les bases !

C’est une impression courante, et vous n’êtes pas seul·es ! En réalité les « bases » ne sont jamais neutres : elles dépendent d’un cadre social qui valorise certains savoirs plutôt que d’autres. Chacun projette les siennes : littérature classique, histoire, sciences, musique, philosophie… Or, personne ne peut tout maîtriser.

Nous vivons dans une société où ce capital pèse lourdement sur la valeur qu’on se donne à soi-même, en particulier dans les interactions (culturelles ou non). Et cela commence à l’école…

« … ce système d’enseignement largement ouvert à tous et pourtant strictement réservé à quelques-uns réussit le tour de force de réunir les apparences de la ‘démocratisation’ et la réalité de la reproduction, qui s’accomplit à un degré supérieur de dissimulation, donc avec un effet accru de légitimation sociale. » Bourdieu – La misère du monde (1993)

Vincent de Gaulejac parle, lui, de « complexe social » pour décrire cette habitude de s’auto-dévaloriser.

« Dans un monde fasciné par la réussite individuelle, la performance et l’excellence, les tensions sont vives entre les images idéales (ce qu’il faut devenir pour être ‘bien’) et la réalité de ce que l’on vit »

Vincent de GaulejacLes sources de la honte (1992)

Pour ces sociologues, dire « je suis inculte », c’est répéter une généralisation très violente que la société vous a conditionné à croire. C’est un jugement global que vous avez intériorisé à tort. Dès l’école, nous apprenons à nous situer radicalement « en-dessous de tout », si nous n’avons pas les bonnes réponses. Une aberration !

Que faut-il dire à la place de « Je suis inculte » ?

Vous pouvez dire quelque chose de plus nuancé, qui colle davantage à la réalité 🙂

Par exemple : « aujourd’hui, ils ont parlé d’un film important, d’un tableau célèbre, d’un fait d’actualité. Je n’ai rien compris, j’ai hoché la tête. C’est OK, je vais maintenant explorer ces sujets. Et je poserai des questions, la prochaine fois que je me sentirai largué. »

D’où vient ce blocage dans les conversations ?

Au-delà du jugement que vous portez sur vous à cause de vos lacunes, ce qui vous empêche de parler, c’est une autocensure installée à force d’expériences désagréables. Plus vous redoutez de dire une bêtise, plus vous vous taisez. Et plus vous vous taisez, plus vous vous sentez illégitime. C’est ce que Frédéric Fanget appelle une dynamique d’inhibition sociale, directement liée à une estime de soi fragilisée.

« Avec vous, tout est à l’intérieur, à l’inverse des personnes apparemment sûres d’elles chez qui, parfois, tout n’est que dans l’emballage, vous êtes une pierre précieuse enfouie dans du papier journal. « Comme cela, personne ne viendra me déranger ! Je serai bien tranquille ! » Mais, de plus, vous ne savez pas que vous êtes une pierre précieuse. Au contraire, vous pensez que vous n’êtes qu’un morceau de verre. Vous ne savez pas mettre cette pierre précieuse en valeur et vous faites tout pour la cacher. » Frédéric Fanget (Oser, 2000)

La faute aux préjugés inconscients

Ce blocage repose souvent sur des préjugés inconscients que Fanget identifie clairement. Le premier est : « Je ne suis pas capable ». Il se construit dès l’enfance, lorsque les réussites ne sont pas reconnues ou que les erreurs sont surinterprétées.

Le deuxième : « Je dois plaire », pousse à filtrer ses interventions, à se conformer, à attendre l’approbation avant même d’exister dans l’échange. Le troisième : « Je suis nul », entretient une voix intérieure dévalorisante qui étouffe toute prise de parole. Le quatrième : « Je dois faire toujours mieux », empêche de parler tant que l’on n’a pas atteint un niveau irréprochable.

L’importance du sentiment d’efficacité personnelle

Le sentiment d’efficacité personnelle : c’est un concept développé par le psychologue canadien Albert Bandura. Il explique que ce n’est pas un manque de culture qui vous bloque, mais la croyance que vous ne saurez pas mobiliser vos compétences de manière audible ou pertinente. Même lorsqu’on dispose des ressources nécessaires, un sentiment d’inefficacité suffit à freiner la prise de parole.

Comment surmonter les blocages ?

Christophe André décrit très bien cette boucle de pensée : vous anticipez un jugement négatif, vous vous surveillez, vous doutez, et vous préférez vous effacer plutôt que prendre le risque de mal formuler une idée. Dans ce contexte, le silence semble moins risquée que la parole.

Dans son best-seller Imparfaits, libres et heureux (2006), il propose des solutions concrètes, applicables, pour retrouver une posture plus stable dans les interactions, sans se suradapter ni se taire.

Premier levier : arrêter de se juger à travers les autres. Il invite à couper les comparaisons sociales inutiles, qui renforcent le doute au lieu d’éclairer. L’objectif n’est pas d’être « aussi cultivé que X », mais d’avancer par rapport à soi-même. Ce recentrage sur un repère interne libère une marge d’action, même quand on part de loin.

Deuxième levier : refuser la compétition dans les échanges. Plus un contexte vous pousse à « briller », plus votre estime de soi se fragilise. Christophe André rappelle que la pression de performance nuit souvent à la qualité réelle des interventions, y compris chez ceux qui parlent le plus.

Troisième levier : transformer l’envie (ou la jalousie) en mouvement. Au lieu de vous comparer pour vous rabaisser, vous pouvez vous inspirer de ceux qui en savent plus, sans vous sentir inférieur. L’envie devient alors une force motrice, pas un poison.

Enfin, il insiste sur deux outils essentiels : chercher du feed-back précis (et non des compliments généraux) pour s’ajuster sans se juger, et multiplier les prises de parole simples, sans pression. C’est en parlant régulièrement, même brièvement, que vous réduirez l’anxiété. L’enjeu :  augmenter votre tolérance à l’imperfection.

Ces leviers ont tous la même visée : retrouver votre stabilité intérieure sans attendre qu’elle vienne du monde extérieur.

Je ne comprends rien à la conversation : que faire ?

Je peux simplement demander : « De quoi s’agit-il ? » ou « Vous pouvez m’expliquer ? » C'est tout à mon honneur. Ce que j’ignore aujourd’hui me fera grandir si je l'assume. C’est cela, se cultiver : sortir de sa zone de confort intellectuelle et semer les graines de la connaissance élargie. Seule condition : ne pas avoir peur du jugement.

Que faire pour avoir un minimum de culture rapidement ?

Une femme écoute un podcast en marchant dans la rue

Je suis la première à répéter que rien ne vaut la lecture des livres pour augmenter sa culture. Mais c’est une habitude difficile à installer de nos jours, surtout quand le plus urgent est d’allumer la curiosité, au lieu de l’éteindre avec des objectifs trop lourds.

Il sera plus payant de s’exposer à des contenus courts, réguliers, et fiables. Voici quelques ressources à écouter ou à regarder à vos moments perdus, en remplacement du scrolling sur les réseaux sociaux :  

Les podcasts à écouter

  • Choses à savoir
  • Mourir moins con
  • Info culturelle
  • Philosophie France Inter
  • Le Phil’actu

Vous les trouverez tous sur Podmust.

Les chaînes YouTube à adopter

  • ARTE ( le JT, Dessous des cartes, les documentaires, les films historiques : c’est une mine d’or à exploiter sans retenue)
  • Nota Bene (pour découvrir l’Histoire sans jargon)
  • Science Étonnante (la physique à la portée de tous, ainsi que la biologie, les idées scientifiques fortes)
  • HugoDécrypte (si vous êtes fâché·e avec l’actu, c’est un bon format pour prendre le train en marche)

Commencez par deux formats que vous comprenez et abonnez-vous pour ne louper aucun épisode. Faites-en un rituel, un rendez-vous avec vous-même.

Si une info vous intéresse particulièrement, prenez un petit moment pour la noter, la creuser et la reformuler avec vos mots. C’est l’un des secret des gens dits cultivés : ils « tournent autour » des informations, il les questionnent, les développent pour se les approprier.

Un autre secret qui va tout changer pour vous : n’attendez plus. Abonnez-vous à deux chaînes dès aujourd’hui : passez à l’action.

Comment valoriser ce que je sais déjà ?

Parallèlement à ce premier bain de culture, prenez conscience de celle que vous possédez déjà. Comment faire ? Prenez une feuille (ou ouvrez un document) et dessinez un tableau à six colonnes. Dans chaque colonne, écrivez ce qui vous vient en tête, ne hiérarchisez pas, ne vous censurez pas :

  • Films ou séries que vous avez aimés
  • Livres ou BD dont vous vous souvenez
  • Sujets d’actu ou faits de société que vous avez suivis
  • Notions d’histoire, de sciences ou de philo déjà croisées
  • Chansons, compositeurs, genres musicaux que vous connaissez
  • Villes, pays, régions que vous situez, que vous avez visités ou qui vous attirent

Prenez une ligne de votre tableau. Essayez de mettre noir sur blanc ce que vous en retenez, en une ou deux phrases. Par exemple :

« Cette série m’a fascinée par le portrait qu’elle fait de l’évolution de la société, de la place des femmes et du monde la publicité sur plusieurs décennies.»

« Cette BD me plaît surtout pour le tempérament flegmatique du héros et la beauté du dessin minimaliste, notamment des paysages immenses.»

N’essayez pas de tout dire, de couvrir le sujet. Le but est de prendre l’habitude et le goût de verbaliser vos impressions et vos acquis.

Bonus : vérifiez et complétez !

Un écran mobile affiche une page Google

 L’idée est de vous approprier la profondeur du sujet et d’ouvrir des pistes et de découvrir des liens avec d’autres choses que vous savez.

Pour cela, choisissez un sujet de votre cartographie. Par exemple un livre, une période historique, une œuvre, un sujet d’actualité.Tapez-le dans un moteur de recherche ou sur Wikipédia. Cherchez une information simple à son propos : la date, l’auteur, le contexte, le pays.

En quelques minutes, vous aurez transformé une passion en savoir, vous l’avez rendu plus facile à partager.

Ce tableau est votre base culturelle personnelle. Vous pouvez l’agrandir au fil des semaines. Dès que vous l’ouvrez, vous ne pouvez plus vous dire : « Je ne sais rien. » C’est votre point de départ.

Une simple recherche sur Wikipédia et Google suffit à découvrir que The Walking Dead est lancée en 2010, la même année que Sherlock (Royaume-Uni), Downton Abbey (Royaume-Uni), Borgen (Danemark) ou Luther (Royaume-Uni). Cette coïncidence est dingue (non ?) En dix ans, les séries sont passées du simple divertissement à un langage culturel mondial.

On apprend aussi que son créateur, Frank Darabont, a réalisé QUATRE oeuvres de Stephen King (dont la Ligne verte,  The Mist et les Évadés) ce qui explique le ton moral et sombre de ses premiers épisodes.

 En continuant, on découvre que 14 des 17 morts humaines de la saison 3 sont causées par des hommes, non par des zombies. La série parle donc autant de la peur que de la nature humaine. Et les fans ont remarqué un détail fascinant : les scénaristes ont glissé plusieurs références à Breaking Bad — la même voiture, les cristaux bleus, la réplique “bitch”. Le créateur a validé la théorie d’un univers partagé entre les deux séries.

En quelques minutes de lecture, vous n’avez pas seulement retrouvé des faits : vous avez réactivé des liens, compris des influences, et replacé une œuvre dans son époque. C’est exactement ainsi qu’un savoir devient vivant.

En conclusion : non, vous n’êtes pas inculte !

Le sentiment d’inculture porte bien son nom : ce n’est pas la réalité, c’est votre perception dans un contexte donné. Ce sentiment repose sur des normes qui sont parfois sous-entendues, sur des comparaisons qui n’ont pas lieu d’être, et sur un besoin de reconnaissance parfois très encombrant.

Si vous ne deviez retenir qu’une chose de cet article, c’est celle-là : vous savez bien plus de choses que vous ne le pensez.

Ce qui vous « manque », ce ne sont pas des connaissances, c’est d’abord une posture active pour

  • reconnaître que vous êtes une pierre précieuse,
  • mobiliser ce que vous savez,
  • prendre plaisir à creuser.

À partir de cet apaisement, la curiosité peut reprendre sa place : (vous) poser des questions, chercher les réponses, apprendre des choses intéressantes chaque jour.

FAQ : réponses aux questions fréquentes

La culture n’est pas un stock de connaissances, mais une manière d’habiter le monde. On peut aimer la littérature, le cinéma ou les beaux-arts sans tout maîtriser. Ce qui compte, c’est la curiosité. Lire, regarder, écouter, questionner : chaque geste nourrit la confiance en soi, car il prouve qu’on reste en mouvement.

Beaucoup d’adultes formés dans les sciences humaines, les sciences dures ou les milieux littéraires gardent la trace d’un jugement scolaire. Ils associent la culture à la perfection. Ce conditionnement crée un manque d’estime de soi qui n’a rien à voir avec l’érudition. Reprendre confiance suppose de rompre avec ce modèle de comparaison permanente.

Oui, le développement personnel ne se limite pas à la méthode Coué. Il sert à clarifier son rapport au savoir. Les ouvrages de développement personnel, comme ceux de Christophe André, apprennent à mieux gérer la timidité, la peur du regard des autres et le manque de confiance en soi. Ce travail sur soi permet ensuite de s’ouvrir plus librement à la lecture, aux débats et aux œuvres.

Les deux démarches se complètent. Lire un roman, visiter un musée ou écouter une émission sur France Culture développe la pensée. Mais réfléchir à sa manière d’apprendre, de retenir et d’en parler relève d’un travail intérieur. La culture devient alors un outil de connaissance de soi autant qu’un lien vers les autres.

Parce qu’elles réveillent souvent une peur ancienne : celle de mal dire, de paraître naïf, de ne pas être « au niveau ». Cette peur bloque l’expression et empêche de profiter de l’échange. Pour reprendre confiance, mieux vaut poser une question simple, ou reformuler ce qu’on a compris. La parole crée la légitimité, pas l’inverse.

Oui, si vous y aller d’abord pour le plaisir. Les arts visuels sollicitent le regard avant les mots. Observer un tableau du Greco, une photographie contemporaine ou une installation suffit à exercer son attention. Cette démarche visuelle renforce la confiance : on apprend à se fier à son jugement esthétique, sans attendre la validation d’un spécialiste.
Vous voudrez peut-être commencer par vous familiariser avec l’histoire de l’art en lisant cet article.

Le cinéma, comme la littérature ou la musique, façonne notre imaginaire collectif. Comprendre un mouvement (surréalisme, réalisme poétique, science-fiction, roman noir)  c’est déjà posséder une clé de lecture du monde. La culture cinématographique développe aussi la narration et le sens critique, deux piliers d’une pensée vivante.

En variant les supports : un roman, un essai de sciences humaines, un film, une exposition. L’alternance entre fiction et réflexion évite la saturation. L’important est de rester attentif à ce que chaque œuvre provoque en soi : curiosité, surprise, questionnement. C’est cette vigilance qui rend la culture active.

Non, mais elle aide à rompre le cercle du doute. Elle doit s’appuyer sur des actions concrètes : lire chaque jour quelques pages, visiter une médiathèque, tenir un carnet culturel. Ces habitudes visibles nourrissent la confiance plus sûrement que des affirmations générales. La confiance se construit par des preuves répétées.

En fixant un objectif clair : suivre une série documentaire, découvrir un peintre, lire un premier roman. Chaque étape validée restaure la confiance en ses capacités. Le savoir se consolide quand il devient personnel. Peu importe le point de départ : la culture se renforce à mesure qu’on la fait vivre.

Et vous, comment vivez-vous votre rapport à la culture ? Dans quels contextes vous sentez-vous le plus à l’aise ? Avez-vous des astuces pour les situations où vous en savez moins que les autres ? N’hésitez pas à partager votre expérience en commentaire. Votre regard aidera à mieux comprendre ce que signifie se sentir légitime dans une conversation culturelle.

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12 réflexions sur “Je me sens inculte – Comment sortir du blocage ?”

  1. Merci pour cet article extrêmement intéressant et rassurant. En tant que psychologue j’ai suivi beaucoup de patients qui avait ce complexe qui venait souvent du fait d’avoir grandi dans un milieu social où on parle peu. Ils cherchaient des méthodes pour se construire une culture qu’ils avaient en fait déjà.

    1. Ton retour d’expérience est très intéressant Olivia. Ce que certains prennent pour un manque de culture serait en fait un besoin d’apprendre à communiquer… Je vais creuser le sujet, merci beaucoup !

  2. Il y a la culture admise dans certains milieux, d’autres rejetées. Je pense surtout que tant qu’on apprend ce qui nous plait et nous rend heureux, c’est le plus important. Ensuite, effectivement, il faut une base pour aussi avoir une vision sur le monde qui soit la moins biaisées pour prendre les meilleures décisions pour soi et pour ce et ceux qui nous entourent. Ensuite, ce n’est que du bonus à mon sens. Etre cultivé pour être cultivé ne sert à rien si ce n’est à paraitre plus intelligents pour ceux qui pensent que l’intelligence n’est que le fruit du savoir. Merci pour cet article qui décomplexe 😉

    1. Merci à toi, Flore 🙂 Je partage complètement ta vision. En réalité c’est la culture perçue comme outil de défense ou de domination qui pose problème à certaines personnes. Être cultivé, c’est avant tout aimer certaines pratiques (lecture, réflexion, échanges) qui nous augmentent.

  3. Ce texte met des mots justes sur une blessure discrète mais profonde : celle de se croire “moins que”. J’aime cette idée que nous sommes déjà porteurs d’une culture, celle de nos chemins, de nos expériences, de nos silences aussi. Dans les parcours de reconstruction, c’est souvent le même mouvement : cesser de se juger à travers la grille des autres pour retrouver la dignité d’exister, simplement.

    1. La dignité d’exister, oui, c’est la notion fondamentale pour établir une estime de soi qui résiste aux injonctions sur la « culture gé. »

  4. J’ai trouvé ton article très intéressant. Il m’a fallu du temps pour comprendre que nous avons tous nos propres domaines de connaissances et de compétences… et qu’il n’est pas utile de culpabiliser de ne pas tout savoir. Mais c’est vrai que, lorsqu’on finit par croire qu’on ne sait rien, on risque de se démotiver à apprendre. D’où l’importance d’en avoir conscience.
    Avec le temps, j’ai aussi remarqué que le meilleur moyen de se sentir cultivé, c’est d’oser partager ce qu’on apprend, à sa manière et avec ses mots. Ça aide à clarifier ce qu’on sait déjà, à repérer ce qui reste à éclaircir, et plus largement, à mieux ancrer les nouvelles connaissances.

    1. Eh oui, ce réflexe vital de partager et d’échanger, tout le monde ne l’a pas, malheureusement. Pourtant il dissipe bien des croyances bloquantes sur soi. Merci pour ton précieux partage Emilie !

  5. Merci pour cet article, il remet les choses en perspective 😊 On a souvent tendance à croire qu’on « n’est pas cultivé », alors qu’on a tous déjà un bagage culturel, simplement différent.
    Ce que j’ai retenu : sortir de la comparaison permanente, accepter de poser des questions, et avancer pas à pas. Bravo pour ce contenu encourageant !

    1. Avec plaisir Valérie 🙂 Merci à toi pour ce commentaire encourageant.

  6. Ton article m’interpelle. J’ai actuellement dans mon entourage plusieurs personnes avec lesquelles tout échange est impossible. Sur la bases de « connaissances » non vérifiées, elles détiennent la vérité, sont perpétuellement dans le jugement -de préférence dévalorisant- et assènent des (contre-) vérités volontiers empreintes de complotisme. C’est très désagréable et énergivore. Alors bien sûr, leurs allégations le plus souvent erronées sont vérifiables et démontables, mais sincèrement j’ai mieux à faire… Et là, malgré tout le recul dont j’ai appris à faire preuve, je n’ai pas trouvé la clé. Sans doute sont-ils hélas fermés de l’intérieur !

    1. Je compatis, Denis. Effectivement, certains voient la remise en question comme une faiblesse, et mieux vaut parfois remettre en question notre désir d’harmonie… Mais ce que tu décris ressemble à une prolifération d’un certain modèle donné par certains grands de ce monde. Ils sèment complexes et humiliations et s’en nourrissent. Que faire en effent ?

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