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Ce que vous allez apprendre
Au-delà des mélodies qui subliment les publicités et les fictions, Mozart, c’est 893 œuvres composées en seulement 35 ans. Entre autres genres musicaux, le maestro nous a laissé :
- 41 symphonies,
- 20 opéras,
- 27 concertos pour piano,
- 18 sonates pour piano,
- 23 quatuors à cordes,
- 17 messes,
- 250 heures de kif absolu.
Que voulez-vous faire ? Entrer dans l’œuvre de Mozart sans abandonner au bout de la 15ᵉ seconde d’écoute ? Peut-être pouvoir citer autre chose que l’éternelle Marche turque ou l’air de la Reine de la nuit. Ou peut-être qu’un air de Mozart vous a profondément ému·e, et vous aimeriez prolonger la grâce d’un pas sûr. Dans tous les cas, vous le savez bien : pour aimer, il faut connaître, et inversement. Alors entrons doucement dans cette œuvre intimidante !
Mozart naît en 1756, un an après Louis XVI, deux ans après Robespierre. Il naît à Salzbourg, Autriche, Saint-Empire romain germanique. Il meurt en 1791 à Vienne, dans une Europe bouleversée par la Révolution française et les guerres austro-turques.
Entre ces deux dates, il compose au pas de charge.
L’oevre de Mozart : par quoi commencer ?
Vous trouverez sur Internet un certain nombre de classements très utiles pour vous faire une idée des œuvres incontournables qu’il est de bon ton de connaître.
Ce que je vous propose maintenant, c’est mon Top 5 des pièces à savourer sans modération pour vous imprégner du style absolument divin de Mozart.
Ces œuvres sont archi-connues, accessibles voire addictives, et relèvent de 5 genres différents. (Mozart a la particularité unique d’avoir excellé dans tous les genres a pratiqués à son époque.)
Prenez le temps de suivre la ronde des notes et laissez-vous emporter par le rythme, la sensualité, la brillance, la tendresse ou la grandeur.
Concerto pour piano n°9 en mi bémol majeur, « Jeunehomme », K.271 (1777)
Mozart a 21 ans quand il écrit ce concerto. Il bouscule les codes d’entrée de jeu : le piano entre dès la seconde mesure, ce qui surprend à l’époque. Tout au long de l’œuvre, le dialogue entre soliste et orchestre est diablement inventif, tendu, sans redites. C’est son premier grand concerto, et il se termine sur mon mouvement préféré, à 22:38, un rondo final, rapide et lumineux, d’une fraîcheur et d’un panache inaltérables.
Sonate pour piano n°11 en la majeur, K.331 (1783)
C’est l’une des pièces les plus célèbres du maestro, notamment grâce à son troisième mouvement, “alla turca”, appelé aussi Marche turque. Pourquoi cette appellation ? Parce qu’il pastiche la musique des janissaires ottomans, suivant une tendance qui fait fureur à l’époque. Mozart revient d’ailleurs à la turquerie dans son Enlèvement au sérail ou dans son Concerto pour violon n°5, dit “Concerto turc”.
À noter, la sonate pour piano n°11 fait partie d’un ensemble de quatre sonates composées lors du voyage de Mozart à Salzbourg pour présenter sa femme Constance à son père. Un groupe sans prétention de prime abord, où chaque pièce se montre plus travaillée et plus émouvante que la précédente.
Ici, j’ai un faible marqué pour la 4e variation, à 03:16, qui, entre autres tours de magie, allie tendresse et magie.
Sérénade n°13 en sol majeur, « Une petite musique de nuit », KV 525 (1787)
C’est la dernière sérénade de Mozart, composée l’année où son père meurt. À l’origine, elle n’est écrite que pour cinq instruments, mais les orchestres à cordes s’en sont vite emparés, avec un bonheur inévitable.
On imagine la pièce jouée dans un salon viennois, pour divertir une assemblée d’aristocrates. À la première écoute (la vraie, seule dans ma chambre et pas dans un ascenceur), je me suis immédiatement sentie transportée dans un eden festif et délicat. C’est l’antichambre idéale vers la musique classique 😉
Così fan tutte, KV. 588 (1790)
Joseph II, empereur du Saint-Empire et protecteur de Mozart, a fixé le sujet de cet opéra irrésistible.
À l’époque, tout Vienne s’amuse d’un fait divers, où deux officiers ont échangé leurs fiancées. Mozart en tire une sorte de soap opéra de luxe avec une galerie de personnages si légers qu’ils volent de désir en inquiétude et de trouble en assurance. En résumé, deux amis se laissent convaincre de tester la fidélité de leurs fiancées en séduisant celle de l’autre. Le duo devient trio, le trio sextuor, avec une agilité qui donne le vertige.
Je n’ai pas encore vu l’opéra en entier, mais je recommande en particulier l’air « Soave sia il vento«
Symphonie n°41 en ut majeur, « Jupiter », KV 551 (1788)
Surtout, ne vous laissez pas impressionner par les premières notes pompeuses (c’est un tutti, tous les instruments attaquent en même temps). Car très vite, des lignes super-mélodieuses alternent avec la puissance, et l’altèrent d’une manière ensorcelante, avec des effets de répétition qui font mouche, en particulier dans le 3e mouvement, à 19:39.
Le final est construit comme une fugue, où les voix se croisent et s’entrelacent à toute vitesse. Le résultat sonne limpide et plein d’énergie, avec une puissance qui inspirera Beethoven. C’est un sommet d’équilibre et d’invention.
Écrite à Vienne en quelques semaines, en même temps que ses deux autres dernièrse symphonies, la Jupiter est la plus longue et la plus complexe. Les historiens se demandent encore si elle a été jouée de son vivant.
L’œuvre de Mozart : quels chefs d’oeuvre faut-il connaître ?
Vous venez de découvrir cinq œuvres à tomber qui, je l’espère, vous auront parlé. J’espère en tout cas qu’au moins un morceau, un mouvement, un air a su toucher votre coeur. Voici maintenant dix partitions magistrales, toutes composées après 1782, et présentées dans l’ordre chronologique.
En bonus, un article pour détailler ces 10 chefs d’œuvres de la maturité : 10 œuvres de Mozart les plus connues
- Messe en ut mineur – 1783 (K. 427/417a)
- Sérénade n°10 « Grand partita » – 1783 (KV. 361/370a)
- Concerto pour piano n°20 en Do majeur – 1785 (KV. 466)
- Concerto pour piano n°23 en La majeur – 1786 (KV. 488) (ainsi que le n°25 en sol mineur, une tuerie)
- Les Noces de Figaro – 1786 (KV. 492) Je recommande l’air du Chérubin)
- Don Giovanni, 1787 (KV. 527) Je recommande Là ci darem la mano et L’air du champagne
- Symphonie n°40 – 1788 (KV. 550) Vous la connaissez forcément. Fermez les yeux, laissez-vous transporter
- La Flûte enchantée – 1791(KV. 620) Je recommande le duo Pamina/Papageno)
- Concerto en la majeur pour clarinette et orchestre – 1791 (KV. 622) Trente minutes d’enchantement tranquille.
- Requiem en ré mineur – 1791 (KV. 626) Les fans du film Amadeus de Milos Forman reconnaîtront. C’est un sommet de la musique occidentale, là encore de la première à la dernière note. En cas de difficulté à entrer, commencer par le méga-tube Lacrimosa
KV : késaco ??? Ces deux lettres font référence au « catalogue Köchel », une table de correspondance qui numérote les œuvres de Mozart dans l’ordre chronologique. De ce fait, si vous évoquez la KV 551, les connaisseurs sauront immédiatement que vous parlez de la « Symphonie Jupiter » : easy !
Qu’est-ce qui a rendu Mozart célèbre ?
Mozart est connu pour avoir porté le classicisme viennois à son culminant, à égalité avec Joseph Haydn et Ludwig Beethoven. En 35 ans d’existence, il domine l’art du concerto, de la symphonie et de la sonate, et se place au même rang que les plus grands compositeurs d’opéra (Verdi, Wagner, Strauss…).
L’école classique viennoise comprend essentiellement Joseph Haydn (1732 – 1809), Ludwig Beethoven (1770 – 1827) et Wolfang Amedée Mozart (Ne l’appelez pas Amadeus, Mozart ne s’est attribué ce surnom qu’une fois dans sa vie, par autodérision). À vrai dire, ces trois génies ont défini les standards indépassables de ce qu’on appelle le style classique. Et le style classique se définit en opposition à la période précédente (le Baroque) et la période suivante (le Romantisme).
Le classicisme viennois se distingue avant tout par ses mouvements dramatiques, c’est-à-dire des variations très nets de tempos et d’atmosphères, portées par une action qui oppose les contraires, avant de les résoudre. On peut être rebuté à première vue par un effet-carcan, voire plan-plan, mais qui ne résiste pas à l’écoute attentive. La noblesse de la musique classique ? C’est la fécondité prodigieuse des règles. C’est la liberté inouïe que procurent les contraintes.
Pour ces raisons, le style classique viennois est le tout premier à ne jamais être tombé dans l’oubli (contrairement à Jean-Sébastien Bach et tant d’autres géants). Et c’est pourquoi le concept de « musique classique » a fini par englober toutes les formes de musique savante, du plain-chant à la musique sérielle.
Pour creuser ce sujet passionnant, lisez Mouvements musicaux : les 7 périodes à connaître
Ce qui a rendu Mozart célèbre de son vivant : la précocité
Si le nom de Mozart est devenu synonyme de précocité, c’est parce qu’il déchiffrait les partitions de musique avant même de savoir lire et écrire. Son père Léopold, bon musicien et un excellent pédagogue, a pris en charge la totalité de son éducation.
Résultat, Mozart compose sa première pièce à 5 ans, l’Andante pour clavier en do majeur, KV 1a. À 7 ans, le voilà trimballé dans plusieurs grandes villes d’Europe pour ébahir les aristocrates, avec sa chère sœur « Nannerl ».
À 17 ans, Mozart entre au service de l’archevêque de la principauté de Salzbourg, en tant que Konzertmeister. L’Histoire considèrera le prince-archévêque Colloredo, son patron, comme son pire ennemi. Mozart et son père essuient mépris, brimades et commandes musicales qui imposent à Mozart de travailler en pur exécutant.
À 21 ans, Mozart prend sa liberté pour pour voyager à travers l’Europe et trouver une situation plus digne de son talent. Mais il fait chou blanc. On ne peut pas dire qu’il ait conquis les aristocrates de Paris, Munich, Augsbourg ou Mannheim :
« Ceux qui ne savaient rien de moi m’ont regardé d’une façon totalement risible. Ils s’imaginent donc, parce je suis petit et jeune, qu’il ne peut rien exister en moi de grand et de mûr ? Eh bien, ils vont s’en rendre compte bientôt ! »
Néanmoins cette échappée de trois ans est très formatrice et féconde au final. Mozart retourne à Salzbourg avec, dans sa besace, une dizaine de concertos, 4 divertimenti, 4 quators… et plus de 90 œuvres en tout.
Ce qui a rendu Mozart célèbre à tout jamais : sa rapidité diabolique d’exécution
Après l’échec de ses aventures européennes (attristées par le décès de sa mère à Paris), Mozart revient de mauvaise grâce au service du tyran Colloredo, entre ses 23 et 25 ans.
Sa charge de travail augmente et pèse lourdement sur sa productivité personnelle. Au dénouement de toute une série de péripéties très bien racontées ici, Mozart démissionne avec fracas et se libère par la même occasion de la tutelle de son père.
Il s’installe à Vienne, où il rencontrera le succès et deviendra le premier compositeur à trouver la célébrité en étant à son compte.
Mais cela ne dure pas. Dépenses sans compter, clashes en raison de son tempérament orgueilleux, déclin de sa popularité et versatilité du public viennois, la noblesse réduit ses dépenses durant les guerres austro-turques. Mozart s’endette, tombe malade et meurt à 35 ans.
Il n’empêche, il aura vécu plus intensément que le commun des mortels. En dix ans de travail acharné, il aura composé environ 400 œuvres. Les oeuvres de cette période sombre et dorée à la fois méritent un article à part entière.
C’est à lire ➡️ ici ⬅️




J’adore peindre en écoutant ce style de musique ! Mozart a un talent fou et l’énergie qu’il met dans ces compositions sont inspirantes et me redonnent de l’énergie 🙂
On a même parlé il y a 20 ans de l »effet Mozart », comme quoi l’écoute d’une sonate de Mozart augmenterait temporairement notre QI de 8 ou 9 points. En tout cas je partage ton habitude 🙂 La musique classique a le don de me stimuler de manière apaisante – bref de favoriser ma concentration.
Ouaou, il n’y a pas que son oeuvre qui soit mouvementée !
Mozart souffrait de TDAH, c’est connu !
Haaa, Mozart ! Entre lui et moi, c’est une histoire de haine/amitié pour la vie ! Je l’ai détesté longtemps (seul contre tous), avant de lui rendre un « hommage » à deux reprises en reprenant la « Petite musique de nuit » : « AmadeHouse Music » qui fut signé mais jamais diffusé, et plus récemment « Petit tapage nocturne », dans une version trash !
On veut écouter ! Les titres sont bien trouvés en tout cas.
Quelle vie et quelle oeuvre fascinantes ! Pour nous qui faisons des ateliers de musique active avec les Tout-Petits, Mozart est un repère, mais pas un exemple à suivre. Le génie, c’est un cadeau empoisonné du destin !
Je comprends parfaitement votre parti-pris, d’autant que Mozart est une excellente porte d’entrée pour l’apprentissage de la musique. Mais sa vie est à l’image de son tempérament, rock’n roll 🎸! En tant qu’artiste et humain, je préfèrerais de loin cotoyer Bach 😇
Quel bonheur que d’écouter ces œuvres uniques de Mozart et de voyager dans le temps à travers le récit de sa vie. Merci pour cet excellent article.
Merci à toi, Jeanne. Je suis heureuse d’avoir communiqué un peu de mon émerveillement 🙂
J’ai lu cet article avec beaucoup de plaisir, c’est un sujet tout à fait passionnant. Il est à la fois encyclopédique, avec un résumé du Köchelverzeichnis (KV), et propose des liens YouTube vers quelques-unes de ses œuvres les plus connues. J’ai également apprécié la façon dont tu l’as situé historiquement par rapport à la vie de Louis XVIII et de Robespierre.
J’ai particulièrement retenu ton incitation à ne pas l’appeler « Amadeus », alors que c’est ainsi qu’on le nomme couramment.
Il est vrai qu’il a utilisé plusieurs noms différents au cours de sa vie, en partie en raison des traditions ecclésiastiques de l’époque, mais aussi parce qu’il était polyglotte et adaptait son nom à d’autres langues. La plupart du temps, il signait « Wolfgang Amadè Mozart », avec un accent grave sur le « è » d’Amadè, mais dans toute la littérature que je connais, il figure comme Wolfgang Amadeus, sinon parfois aussi comme Wolfgang Gottlieb, mais c’est déjà rare.
Merci pour ton commentaire, Dieter, venant d’un esprit comme le tien, cela me fait très plaisir. Pour le second prénom « Amadeus », il devient difficile d’en empêcher l’usage, étant donné que même Wikipédia et l’Encyclopædia Universalis l’ont consacré 😠.
Quant à « Amadè » avec un accent grave, aucun des internets n’en a eu vent. D’où vraiment l’intérêt de lire des livres…
Bonjour, merci pour ton article fort complet! En temps qu’ancienne musienne pro (j étais piankste/ chef de chant à l Opéra de Paris avant de changer totalement de Vie), j ai découvert des points que j’ignorais!
Très honorée par ton commentaire, Muriel ! Je prépare un article sur ses 10 principaux chefs-d’oeuvre, j’espère qu’il te plaira !
Merci pour cet article qui donne envie de se plonger dans l’oeuvre de Mozart. C’es toujours agréable d’écouter en étant moins novice. Ton article le permet. Merci.
Avec grand plaisir, Olivia 🙂
Merci pour cette article, savais-tu que certains scientifiques accusent le requiem d’être à l’origine de sa mort? Il y a un TedX dessus: La puissance caché de la musique et ses pouvoirs.
Je ne connaissais pas ce lien scientifique entre le Requiem et la mort de Mozart, pourrais-tu m’en dire plus ? 🤗.
Il est certain que la mystérieuse commande du Requiem a plongé le compositeur déjà très malade dans le burn-out. D’ailleurs, il a interrompu l’écriture du Lacrimosa à la 8e mesure, et c’est son assistant Süssmayr qui l’a complété. Mozart était épuisé mais aussi profondément troublé par le thème. Je prépare un deuxième article plus fouillé sur Mozart et je serais ravie d’avoir d’autres éléments !
Merci pour cette mise en lumière de ce génie de la musique. Für Elise reste une de mes oeuvres préférées. Grace à toi j’ai fait de nouvelles découvertes.
Avec plaisir, Ida. Mozart est une galaxie à lui tout seul, et Beethoven a admis volontiers qu’il lui devait beaucoup 🙂