Comment apprendre par coeur ?

Une jeune femme parle en public sans support écrit

Comment apprendre par cœur ? Si vous vous posez la question, c’est que vous l’avez bien compris : répéter les informations jusqu’à la crampe ne suffit pas toujours pour retenir certaines données. En particulier les données cruciales pour avoir un bagage culturel solide.

Sans effort pour les mémoriser, beaucoup d’informations font pfffuit au lieu de se transformer en connaissances. J’irai plus loin : la rétention volontaire d’information est absolument nécessaire pour augmenter et structurer votre culture.

Pratiquée depuis l’Antiquité, et présentée comme un outil de résistance humaniste dans les romans de science-fiction, elle permet de s’appuyer sur des savoirs précis et mobilisables à tout moment.

À la fin de cet article, vous serez capable d’apprendre un contenu par cœur sans blocage, de le redire de mémoire, et de le retenir pour de bon.

Le programme du jour

Comment apprendre par cœur un texte concrètement, sans souffrir ?

Il y a trois éléments à garder en tête pour ne pas réactiver les traumas de l’enfance. 

Tout d’abord, le cerveau a peu de prise sur les éléments qu’il ne comprend pas. Plus précisément, l’hippocampe établit des connexions durables si et seulement si l’information peut être reliée à une connaissance déjà installée. Ce qui explique que certains poèmes ancrés dans le quotidien (comme Le Cancre de Prévert) sont plus faciles à mémoriser que des textes plus abstraits, aussi somptueux soient-ils (les Voyelles de Rimbaud). 

Ensuite il faut savoir que le cerveau ne peut pas retenir trop d’éléments d’un coup. C’est une limite connue : la mémoire de travail, installée dans le cortex préfrontal peut manipuler quatre à sept éléments à la fois, jamais plus [1]. Si vous la saturez, les données se mélangent ou s’effacent. Mais si vous organisez les informations par blocs, elles ont plus de chances de basculer dans la mémoire à long terme.

Enfin, votre cerveau ne traite pas toutes les informations de la même manière. Un chiffre, un mot, une règle ou une image n’activent pas les mêmes zones. Chaque type de contenu passe par un circuit distinct. C’est ce qui rend certaines techniques plus efficaces que d’autres selon ce que vous voulez retenir [2]

[1] Nelson Cowan, Université de Missouri : The Magical Mystery Four: How is Working Memory Capacity Limited, and Why?

[2] Les Savanturiers, Cité des sciences et de l’industrie : Mémoire(s)

Pourquoi parle-t-on de mémoire visuelle, auditive et kinesthésique ?

Quand vous essayez de mémoriser un texte ou tout autre contenu, votre cerveau peut l’enregistrer de trois manières différentes : par ce que vous voyez, par ce que vous entendez, et par ce que vous faites et ressentez. C’est pourquoi on parle de mémoire visuelle, auditive et kinesthésique. Plus vous sollicitez ces canaux en même temps, plus vous augmentez vos chances de fixation.

👁️ Mémoire visuelle : réécrivez les éléments à la main et changez la mise en page. Ce double effort visuel crée des repères durables.
👂 Mémoire auditive : récitez à voix haute, en répétant le contenu dans un rythme stable. Cela aide votre cerveau à capter les informations comme une mélodie.
🙋‍♂️ Mémoire kinesthésique : associez chaque donnée à un geste ou une position dans l’espace. Le simple fait de réciter en marchant peut faire toute la différence.

Faut-il absolument trouver son type de mémoire ?

Vous avez peut-être lu qu'il faut connaître « son type de mémoire » (visuelle, auditive, kinesthésique) et se concentrer sur celui-là. En réalité, les chercheurs en sciences cognitives affirment qu'il est préférable d’activer plusieurs canaux à la fois.

Sources : A. Lieury, Mémoire des images et double codage. Psychologie française (1995) et A. Paivio, Imagery and Verbal Processes (1971)

Apprendre par cœur un texte 🎯 comment le faire efficacement ?

Apprendre bêtement, en ressassant des phrases mal comprises ne vous aidera pas plus aujourd’hui que par le passé. Maintenant que vous en êtes persuadé·e, découvrons la procédure universelle pour encoder du texte :

  1. Croire en vous (la clé de toute réussite)
  2. Lire plusieurs fois et s’assurer de comprendre
  3. Découper le texte en segments et répéter chaque segment jusqu’au sans-faute
  4. Choisir une méthode de mémorisation adaptée au type d’information
  5. Consolider par étapes.

Installer les premiers repères dès la première lecture

Un beau chat de race assis près d'un tapis et d'un canapé

Tant qu’à se fatiguer un peu, prenons un extrait magnifique, à savoir les quatre premiers vers du poème Le Chat, de Charles Baudelaire, grand poète du 19ème siècle.

Dans ma cervelle se promène,
Ainsi qu’en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant.
Quand il miaule, on l’entend à peine,

Commençons par les lire à voix haute, lentement et plusieurs fois, pour que votre oreille enregistre le rythme.

C’est une étape importante, à ne surtout pas sauter. Ensuite, regroupez les mots par lots faciles à mémoriser.

Dans ma cervelle se promène/
Ainsi qu’en son appartement,/
Un beau chat, fort / doux et charmant./
Quand il miaule, on l’entend à peine

Segmentez à votre guise, en fonction de ce qui tient pour vous dans un bloc. Ce travail de découpage personnel fait partie du processus de fixation.

Maintenant que vous avez fait tourner un segment plusieurs fois, cachez le texte.

Essayez de le redire. Si vous bloquez, relisez, puis recommencez sans regarder. Répétez jusqu’à ce que vous puissiez réciter ce bloc les yeux fermés. Puis passez au bloc suivant.

Si vous n’arrivez pas à réciter le bloc entier sans erreur, ce n’est pas grave. L’essentiel était de vous familiariser avec les blocs. 

Adapter la stratégie mnésique au contenu textuel

En voilà un titre pédant. Mais pas de panique, l’idée est simple : en cas d’urgence, vous pouvez utiliser la méthode 15 / 10 / 5.

  • lisez 15 fois,
  • récitez 10 fois sans support,
  • écrivez 5 fois de mémoire.

Et si vous devez respecter le texte au mot près, adoptez une méthode redoutable qui fait de plus en plus d’émules : celle des initiales.

Écrivez la première lettre de chaque mot, avec la ponctuation. Par exemple :

 D m c s p, / A q’ e s a,

U b c, f, d e c. / Q i m, o l’ e à p.

Reprenez cette grille pour vérifier que vous n’avez rien oublié. Puis récitez sans support.

Magique !

Stabiliser l’information par rappel actif et réactivation espacée

Encore un titre collet-monté pour décrire une étape décisive.

Une fois que vous avez pu réciter un segment sans erreur, attendez dix minutes, puis testez-vous à nouveau.

Le lendemain, reprenez l’ensemble des segments mémorisés la veille. Trois jours plus tard, recommencez encore une fois.

Cette répétition espacée permet d’installer les données dans la mémoire à long terme.

Et quand vous pensez avoir retenu l’essentiel, testez-vous. Si possible, recopiez le tout de mémoire. Ne revenez que sur les oublis ou les approximations.

Il n’y a pas de longueur standard à mémoriser par jour. Vous pouvez travailler deux quatrains, trois vers, dix lignes ou quinze mots, selon les capacités de votre mémoire de travail. Rappelez qu’il faut en moyenne 7 à 10 jours pour qu’un élève de primaire retienne une poésie complète. 

En résumé : 

  • Attendez dix minutes
  • Recitez ou réécrivez sans support
  • Refaites-le le lendemain
  • Puis trois jours plus tard

Comment retenir des données denses, moches, techniques ou faciles à confondre ?

Un homme perplexe devant son ordinateur : comment apprendre des données par coeur ?

Certaines informations sont difficiles à retenir par cœur, tout simplement parce qu’on n’y trouve aucun point d’accroche. Soit les termes sont trop abstraits, soit ils se ressemblent trop, soit ils n’ont aucun sens (exemple : plusieurs adresses et numéros de téléphone à la fois, les mots de passe et autres séries de chiffres).

Vous aurez beau relire et segmenter, ce sera en pure perte. 

Ce qu’il faut faire dans ce cas est très simple : utiliser d’autres moyens mnémotechniques que celles déjà évoquées.

Ce sont des procédés reconnus, enseignés et pratiqués dans les filières sélectives, pour vous aider à assimiler rapidement une grande quantité d’informations, de les organiser et de les restituer à volonté. Voici une récap’  des techniques en question 👇

Les procédés mnémotechniques qui ont fait leurs preuves

Séparation des unités
Notez une information par ligne. D’un coup d’œil vous pourrez distinguer les éléments un par un, et vous pourrez commencer à les manipuler sans les confondre.
Regroupement par blocs (chunking)
Répartissez les informations par ensemble logique. Que ce soit par thème, par ordre, par fonction ou autre. Cela va réduire votre charge mentale et faciliter la remémorisation.
Acronymes et acrostiches
Notez l'initiale de chaque nom à retenir. Si elles forment une suite facile à dire, mémorisez-la. Sinon, inventez une phrase avec ces lettres dans l’ordre. Même absurde, elle vous aidera à retrouver les éléments sans vous tromper.
Carte mentale (mind map)
Notez le sujet principal au centre d’une feuille. Tracez des branches pour chaque idée associée. Sur chaque branche, écrivez un mot-clé. Ajoutez une couleur, un symbole ou un repère visuel si cela vous aide. Ce schéma vous servira de support pour voir le contenu d’un seul coup d’œil, structurer la logique et faciliter la mémorisation.
Rime ou proximité sonore
Créez un rythme ou des sonorités similaires. Vous favorisez ainsi la mémorisation auditive. Par exemple : « Le carré de l’hypoténuse / est égal, si je ne m’abuse / à la somme des carrés des deux autres côtés. »
Renforcement auditif
Répétez à voix haute la phrase, la rime ou l’histoire. Le son, le rythme, et la diction soutiennent l’ancrage. Enregistrez-vous si besoin.
Renforcement kinesthésique
Ajoutez un geste simple pour chaque élément, ou récitez en marchant. Ce couplage entre mémoire et mouvement améliore le rappel spontané.
Image mentale
Associez chaque information à une image visuelle. Exagérez l’association si nécessaire, pour la rendre mémorisable.
Flash-cards
Notez une question d’un côté, une réponse précise de l’autre. Testez-vous à voix haute. Ne revenez que les cartes qui résistent. Reprenez-les plusieurs fois.

Exemple d’application : les incontournables d’Andalousie

Vue de l'Alhambra à Grenade, un des sites mémorables de l'Andalousie
Photo de Kazuo ota sur Unsplash

Prenons un cas plutôt agréable. Mettons que vous préparez un voyage en Andalousie. Vous connaissez la liste des sites que vous allez visiter entre amis, et vous voulez être capable de les dérouler à l’oral, sans vous emmêler les pinceaux.

Nous avons l’Alhambra de Grenade, l’Alcazar de Séville, la Mezquita et Madīnat al-Zahrā à Cordoue, l’Alcazaba d’Almería, les cathédrales de Jaén et de Cadix, le musée Picasso à Malaga.

Commencez par mettre la liste au propre (à la main de préférence)

Notez une ligne par élément. Ce premier geste active votre mémoire de travail. Ce qui donne : 

  • L’Alcazar de Séville
  • L’Alhambra de Grenade
  • La Mezquita et Madīnat al-Zahrā (Cordoue)
  • Le musée Picasso (Malaga)
  • L’Alcazaba (Almería)
  • La cathédrale de Cadix
  • La cathédrale de Jaén

Réduisez et organisez la liste

Pour vous y retrouver, repérez des regroupements possibles, puis construisez une forme compacte facile à fixer.

  • Trois grandes villes à retenir d’abord : Séville, Grenade, Cordoue
  • Trois autres sur la côte : Malaga, Almería, Cadix
  • Une à l’intérieur des terres : Jaén

Vous avez maintenant une carte mentale simplifiée : trois blocs, sept lieux.

Ensuite associez chaque ville à son site :

Séville ➡️ Alcazar

Grenade ➡️ Alhambra

Cordoue ➡️ Mezquita et Madīnat al-Zahrā

Malaga ➡️ musée Picasso

Almería ➡️ Alcazaba

Cadix ➡️ cathédrale

Jaén ➡️ cathédrale

Certains d’entre vous seront à l’aise pour mémoriser cet ensemble sous forme de comptine ou de rap. D’autres ne se sentiront pas plus avancés, et c’est normal : ce n’est pas la technique de mémorisation qui leur permet d’apprendre efficacement.

Passez aux méthodes mnémotechniques hardcore

Maintenant que les données vous sont un peu plus familiers, la méthode des acronymes mnémotechniques vous rapprochera significativement du sans-faute.

Les mnémotechniques peuvent paraître absurde ou ridicule, et pourtant ! Figurez-vous que les étudiants des grandes écoles, mais aussi la plupart des érudits le font par instinct, sans complexe. Faites comme eux : utilisez des poignées mémorielles pour être capable de retenir ce qui va rester vague et brumeux chez le commun des mortels. 

Allez, c’est parti 👇 (et on croit en soi 😎)

Prenez les initiales des villes :

▪️ S-A (Séville – Alcazar)

▪️G-A (Grenade-Alhambra)

▪️C-M-Z (Cordoue-Mezquita, Madīnat al-Zahrā)

▪️M-P (Malaga-Picasso)

▪️A-A (Almería-Alcazaba)

▪️C-C (Cadix-Cathédrale)

▪️J-C (Jaén-Cathédrale)

Soit un total de 16 lettres :

S A G A C M Z M P A A C C J C

Sur cette base, construisez une phrase rythmée, avec les lettres dans le bon ordre. Il est normal que votre phrase soit totalement absurde. Moi j’ai trouvé celle-ci :

Sans Alibi, George-Antoine Ce Matin Zappe. Mais Pas Avec Alain, Ce Cher Joli Cœur.

Cette phrase a beau ne vouloir rien dire, elle vous aidera à dérouler votre liste de sites à tout moment, avec ou sans sangria dans le nez ! Seule condition : n’avoir grillé aucune étape.

Vérifiez que vous pouvez réciter la liste sans support

Dites-la à voix haute. Si un élément bloque, reprenez uniquement cet élément-là. Ne relisez surtout pas la totalité de la liste.

Répétez à intervalles espacés

Vous connaissez le process : une restitution à faire 10 minutes plus tard. Puis le lendemain. Puis trois jours plus tard. Chaque fois, récitez sans regarder. Si vous retrouvez l’ensemble sans hésiter, c’est que l’encodage a réussi.

C’est vraiment la réactivation espacée qui fixe l’information dans votre mémoire de long terme.

Activez vos trois canaux de mémoire

  • Visuel : recopiez cette liste à la main, puis refaites-la dans une autre mise en page
  • Auditif : récitez votre phrase à voix haute, matin et soir
  • Kinesthésique : associez un geste ou un déplacement à chaque lieu (ex. : main en hauteur pour une cathédrale, main vers le sol pour une ruine)

Exemple moins glamour (mais plus utile) : les 4 principales institutions de l’Union européenne

Vous avez du mal à comprendre le fonctionnement l’Europe ? Il y a au moins une raison à cela : les institutions sont complexes et difficiles à mémoriser !

J’en parle dans mon article L’essentiel à savoir sur le fonctionnement de l’Europe.

OK Yann, mais comment mémoriser ces 4 structures et leurs rôles sans les confondre ? On reprend la méthode qui marche :

Écrivez la liste au propre

Commencez par synthétiser les 4 phrases sur une feuille, en les lisant à voix haute. Il s’agit de repérer les différences, souvent subtiles, entre les rôles de chaque institution.

Regroupez et simplifiez

Comme pour une liste de monuments, vous devez réduire la charge mentale. Ici, ce sont les verbes d’action qui distingues chaque institution :

  • Commission : propose les lois et surveille leur application
  • Parlement : vote les lois et contrôle la Commission
  • Conseil de l’UE : adopte les lois avec le Parlement
  • Conseil européen : fixe les grandes orientations politiques

Ce découpage clarifie les fonctions. Vous pouvez maintenant créer un tableau :

Créez une séquence de mémorisation

Vous pouvez formuler cette phrase de récitation :

📣 « La Commission propose. Le Parlement vote. Le Conseil adopte. Le Conseil européen fixe les grandes lignes. »

Si cela ne vous aide pas, faites comme d’habitude : dé-com-po-sez.

Commencez par fixer l’ordre des institutions avec votre arme fatale, l’acronyme absurde (ou non)

On part sur les initiales C-P-C-C, sauf que les 3 C sont faciles à confondre. Prenons donc exceptionnellement 3 lettres par acteur : Com-Par-Cue-Cons

📣 « Comme-Partout-Cueillez-Constamment ».

Pour retrouver les actions de tout le monde, utilisez une phrase rythmée (2 syllabes – 1 syllabe – 2 syllabes – 1 syllabe) :

📣 « Propose-Vote-Adopte-Fixe. »

C’est l’ordre de circulation des décisions. Notez que vous avez mémorisé des séries bien plus complexes (mais-ou-est-donc-ornicar, la table de neuf, Pou, hibou, caillou, genou, hibou, joujou et chou prenant un x au pluriel, les cordes de guitare mi-la-ré-sol-si-mi…)

En cumulant les acronymes vous avez :

  • Comme-Partout-Cueillez-Constamment
  • Propose-Vote-Adopte-Fixe. 

Si ça patine encore, prenez les initiales des actions. PVAF peut devenir Pouvez-Vous Appeler Fanny ? 

Et voilà votre phrase complète :

📣 Comme Partout Cueillez Constamment, Pouvez-Vous Appeler Fanny ?

Si ce n’est toujours pas stabilisé, vous pouvez aussi associer chaque institution à une fonction visuelle :

  • Commission 🪶 (proposition)
  • Parlement 📩 (vote)
  • Conseil ☑️ (adoption)
  • Conseil européen 🧭 (orientation)

Réactivez plusieurs fois

Une fois que vous avez récité les quatre institutions avec leurs verbes sans erreur, challengez-vous aux mêmes intervalles que pour le poème de Baudelaire.

Ne négligez pas la puissance des flash-cards

Pour d’autres types d’informations (noms, dates, chiffres, mots rares), créez-vous des cartes questions-réponses. C’est enfantin : vous inscrivez une question précise au recto, et la réponse exacte au verso. Dites la réponse à voix haute. Si vous butez, relisez la carte, puis redonnez la réponse avec vos propres mots. Le but est de vous assurer que vous avez bien compris.

Si vous vous trompez ou que vous oubliez un élément, notez-le à part. Concentrez-vous sur ces cartes-là aux prochaines séances.

Inconditionnel des outils numériques ? Téléchargez Anki, l’appli gratuite qui vous permet de créer et d’organiser vos flashcards en ligne.

Et si vous devez retenir une démonstration ou une structure complexe ?

Les méthodes proposées plus haut fonctionnent bien pour des listes simples ou des contenus segmentables.

Mais pour se rappeler un raisonnement, un plan détaillé ou un enchaînement logique, il faudra faire davantage que simplement gruger nos neurones.

Il faut avant tout poser visuellement les articulations du contenu. Voici deux manières de faire.

Créez une carte mentale

Une main tient un stylo, l'autre une tasse de café, sur une carte mentale

L’illustration ci-dessus va vous en dire plus que cent mots. Concrètement, prenez une feuille blanche et placez l’idée principale au centre (généralement le titre de votre contenu).

Entourez cette idée avant d’en faire partir une branche pour chaque sous-partie.

Notez un mot-clé par branche. Faites apparaître la hiérarchie ou la chronologie, en traçant d’autres branches plus fines.

Ensuite, lisez la carte plusieurs fois. C’est un outil puissant de clarification, bien plus efficace qu’un plan textuel vertical.

Vous connaissez la suite : testez-vous en cachant la carte mentale et en essayant de la redessiner de mémoire.

Si le contenu est long, faites plusieurs cartes : une par bloc d’idées. Vous pouvez ainsi structurer l’information et mieux photographier les liens entre les éléments.

Faites un schéma fonctionnel pour apprendre par cœur un contenu compliqué

Un schema sur une feuille de carnet arrachée, à côté d'un clavier d'ordinateurs et d'outils de prise de note

Pour certains contenus, ce n’est pas juste un plan que vous devrez mettre à plat, mais un mécanisme. Dans ce cas, il vaut le coup de créer un schéma. Pour un raisonnement philosophique, une évolution historique, une procédure technique ou un système institutionnel, c’est la voix royale.

Vous poserez les éléments sous forme de blocs, pour les relier avec des flèches, des mots de liaison, des verbes d’action. 

Faites apparaître les liens de cause à effet, les oppositions ou les conditions. Bref, cette fois encore, une image vaut mille mots, donc vous pouvez vous reporter à l’illustration ci-dessus.

Vous pouvez ensuite vous entraîner à redessiner le schéma de mémoire.

Apprendre par cœur : pourquoi se l’imposer ?

Un groupe de jeunes souriants en tenue de diplômés

Apprendre ses cours est le lot de tous jusqu’à 16 ans. Mais même au-delà du Bac, il y a des disciplines où apprendre par cœur est obligatoire.

Dans les classes préparatoires, les écoles d’ingénieurs, les études de médecine ou de droit, les étudiants mémorisent quotidiennement un grand volume de données complexes : textes de loi, raisonnements, schémas, enchaînements logiques.

Pour les gens très cultivés, y compris les autodidactes, c’est une méthode de travail à part entière. Et si vous rêvez d’augmenter vos connaissances, le « par cœur » devrait être, pour vous, plus et mieux qu’un mauvais souvenir du système scolaire.

C’est d’ailleurs ce que nous disent les chercheurs en neurosciences. La mémorisation volontaire améliore significativement les capacités cognitives qu’elle mobilise : 

  • l’attention, 
  • la précision du raisonnement
  • et la capacité à faire des liens. 

Dernier bénéfice, et pas des moindres, en exerçant le muscle de la mémoire, vous pouvez transporter dans votre cœur
 des morceaux de beauté pure 👇

FAQ : Comment mémoriser sans perdre son temps et son énergie ?

 Pourquoi réviser ne suffit pas pour retenir une leçon ?

Parce que relire ne suffit pas à déclencher le stockage. Tant qu’on ne récupère pas l’information par soi-même, le cerveau la traite comme passagère. Elle reste dans la mémoire de travail, puis s’efface par désactivation ou remplacement. Seul le rappel actif signale qu’il faut la conserver.

Qu’est‑ce que la mémoire à court terme / mémoire de travail ?

C’est le bureau mental où vous maniez 4 à 7 éléments simultanément. Si vous la surchargez, les éléments s’effacent ou se mélangent.

Est‑ce plus efficace de réciter à haute voix ?

Oui. Le fait de prononcer les mots, de les entendre et de mobiliser votre voix renforce la trace mnésique, notamment pour les contenus verbaux et les listes.

Comment éviter l’oubli après avoir appris une leçon ?

Grâce à la réactivation espacée : tester sans aide-mémoire 10 min après, puis le lendemain, puis trois jours plus tard. J’aurai beaucoup répété cette étape dans cet article, mais c’est le meilleur moyen de « fixer » sans effort inutile.

Est‑ce que toutes les techniques de mémorisation fonctionnent pour n’importe quel type d’information ?

Non. Par exemple, les mots de vocabulaire se mémorisent souvent mieux avec le combo image mentale + répétition auditive. Une structure logique (raisonnement, plan) rentre mieux avec une carte mentale ou un schéma. Vous avez saisi le principe : il faut adapter la méthode au contenu.

Les cartes mentales (mind mapping) aident-elles vraiment ?

Oui, du coup. Elles offrent une représentation visuelle globale, elles dévoilent les liens entre les idées et sollicitent la mémoire visuelle directement. Les révisions deviennent un jeu d’enfant.

Peut‑on aider quelqu’un à mémoriser (un élève, un ami) ?

Vous pouvez le guider vers le canal qui lui parle le plus (visuel / auditif / geste), et proposez des techniques mnémoniques adaptées. Incitez-le à contrôler régulièrement ce qu’il a retenu.

Peut‑on vraiment mémoriser beaucoup de choses rapidement ?

Oui. Le cerveau retient mieux qu’on ne le croit, à condition d’enchaîner les bonnes actions dans le bon ordre. Ce n’est pas la quantité d’information qui pose problème, c’est l’absence de stratégie. Quand chaque étape est bien ciblée, le rythme d’apprentissage peut s’accélérer sans perte.

C’est à vous de jouer !

Vous avez maintenant tous les leviers pour retenir plus facilement et de façon durable. Le principe est toujours le même : préparer, vérifier, réactiver. Chaque étape compte.

  • Définissez ce que vous voulez retenir : texte, liste, plan, raisonnement.

  • Vérifiez que tout est compris avant d’aller plus loin.

  • Réécrivez ce qui doit être mémorisé sous une forme exploitable : grille, carte, fiche question-réponse.

  • Choisissez la bonne approche : découpage pour les textes, phrase repère pour les listes, schéma pour les structures complexes.

  • Faites travailler votre mémoire activement : lisez à voix haute, récitez sans relire, écrivez, associez un geste.

  • Mesurez vos progrès : récitez de tête pour voir ce qui tient vraiment.

  • Revenez plusieurs fois : dix minutes après, puis le lendemain, puis trois jours plus tard.

Pour aller au-delà du Par cœur et renforcer votre mémoire sur d’autres plans (organisation, concentration, stockage à long terme), je vous invite à lire mon article : Comment améliorer sa mémoire en 8 étapes.
 
Vous y trouverez d’autres techniques que j’utilise moi-même dans mes apprentissages.
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10 réflexions sur “Comment apprendre par coeur ?”

  1. Merci pour ces informations et cet article très complet.

    De mon côté, c’est le mindmapping. J’avoue que je retiens très facilement sans, mais j’aime utiliser le mindmapping pour bien structurer les informations et les reformuler de la manière la plus précise possible. Je sais ainsi que je n’oublie aucun élément.

    Et puis, dans le cadre de la lectures d’ouvrages de développement personnel, afin d’en retenir un maximum d’informations, j’allie la lecture et l’écoute avec audible : je lis en écoutant le livre audio en même temps 😉

    Bel article très intéressant !

    1. Merci Cédric, pour ton commentaire encourageant ainsi que ton retour d’expérience. Effectivement le mindmapping est aussi un excellent support de communication. C’est un outil qui gagne à être enseigné – et je crois que c’est le cas.
      Je suis rassurée de ne pas être seule à lire tout en écoutant le texte 😁

  2. oh ton article m’a aidé à comprendre comment je fonctionne 🙂
    Pour l ‘anecdote, sans reflechir, j’ai mimé la poésie de ma fille la derniere fois et on dirait bien que ça l’a aidé à mieux retenir. Je comprends mieux aussi maintenant.
    Merci pour toute cette richesse.

    1. C’est génial, Aurélie, de maîtriser instinctivement les techniques qui fonctionnent, et de pouvoir les transmettre. Peut-être que les méthodes PEAT permettent d’y accéder sans effort 😉

  3. J’ai adoré cet article qui m’a rappelé comment je me suis organisée pendant mes révisions pour le Bac. C’était en 3 étapes : Faire des fiches de révision 1 mois avant les épreuves, Faire un planning de révision, et tout mémorisé par cœur une semaine avant chaque épreuve ! Quand j’y repense c’était complètement fou. Mais quand on à des facilités on les utilise donc ça m’a quand même permis d’obtenir mon Bac ! Une dernière chose, le moyen mnémotechnique que je préfère pour mémoriser c’est de chanter.

    1. Je suis impressionnée Any, la mutlipotentialité semble aussi un guide infaillible ! Je n’étais pas aussi méthodique que toi, et surtout, j’ai multiplié le « par coeur » sans discernement. Merci mille fois pour ton retour qui confirme la pertinence de s’organiser et de faire confiance à la réactivation espacée. Et tu associes le mode visuel (fiches) à l’auditif (chant), c’est un combo gagnant !

  4. Un bel article avec beaucoup de conseils.
    J’avoue être content de ne plus avoir à apprendre par cœur.
    Mais pour ma fille qui commence à devoir mémoriser c’est de bon outils.

    1. Merci pour ton commentaire encourageant, Dimitri. J’espère que ta fille prendra goût à jouer avec ses fonctions cognitives et ses multiples intelligences !

  5. Eh bien voilà un article qui me parle ! Depuis toujours j’ai de vrais trouble de la mémoire (je les assume désormais après voir essuyé tous types de reproches « tu ne travailles pas », « tu n’écoutes pas » « je te l’ai déjà dit » vraiment injustes. Sans parler de ma difficulté à mémoriser mes propres chansons pour mes spectacles ! Je te remercie pour les pistes que tu proposes dans ton article. De quoi parlait-il, déjà ?

    1. Avec grand plaisir Denis. De mon côté, après avoir galéré avec des méthodes strictement auditives, j’ai compris assez récemment que je gagnais à mobiliser les autres sens pour vraiment retenir. Pour les textes, la technique des initiales est redoutable. En tout cas tu n’oublies pas d’être drôle !

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