Liste des rois de France : de Clovis à Louis-Philippe Ier

Basilique de Saint-Denis, où sont enterrés les rois de France

Combien de rois de France pouvez-vous énumérer ? Vous avez Louis XIV, Henri IV, François Ier,  Saint Louis, Louis XVI, peut-être Charlemagne si on autorise cet empereur à entrer dans la liste… Et peut-être que, rapidement, les Charles, Louis et Henri se télescopent comme cela fut le cas pour moi durant des années, les Mérovingiens sont une grappe de Clotaire, Childebert et Childéric impossibles à distinguer les uns des autres ?

Or, figurez-vous que, des monarques, la France n’en a pas compté tant que ça : un peu plus de 70 au total. C’est à peu près le nombre de pays que la dame et l’homme de la rue peuvent énumérer après une décennie à regarder le Journal TV tous les soirs. Presque pas grand-chose, pour une histoire qui s’étend sur près de quatorze siècles.

Le plus beau ? Derrière cette longue succession de noms se cache une histoire facile à retenir si on s’y penche : des dynasties se succèdent, des familles s’entredéchirent, c’est la vraie vie ! Ou plutôt, c’est une série passionnante qui voit des territoires s’agrandir, des guerres renaître de leurs cendres, des rois glorieux et d’autres qui font de la figuration, tels des Joffrey ou Tommen Baratheon (pour les inconditionnels de Game of Thrones).

Avec cet article, je souhaite vous offrir un contenu que j’aurais adoré lire il y a quelques années :  la chronologie des rois de France, avec quelques mots sur la place de chacun dans l’histoire de France.

Déroulez pour voir la liste des rois de France par ordre chronologique

Les 72 rois de France en quelques chiffres

Je vous propose de passer en revue les soixante-douze principaux rois, de Clovis Ier à Louis-Philippe Ier. Le décompte varie selon les critères de comptage des historiens. Ici, j’ai décidé d’inclure les frères qui ont régné en même temps sur une partie du royaume (les co-rois), ainsi que les monarques rivaux ou contestés, et enfin les étoiles filantes, qui n’ont régné que quelques jours. 

En revanche, j’ai écarté les rois de papier, ceux dont le titre n’a été reconnu par aucun gouvernement en exercice. J’ai laissé de côté aussi les héritiers qui ont été sacrés du vivant de leur père, et qui sont morts avant d’avoir régné. 

Les Mérovingiens : les premiers rois des Francs

Carte de France du temps des Mérovingiens, premiers rois de France

Les Mérovingiens tirent leur nom d’un ancêtre semi-légendaire de Clovis, Mérovée, sur qui on dispose de si peu de sources que certains historiens doutent même de son existence. Clovis, lui, est bien réel : il unifie sous sa seule autorité les royaumes francs rivaux, absorbe le royaume gallo-romain de Syagrius à Soissons et écrase les Wisigoths à Vouillé en 507, repoussant leur pouvoir jusqu’aux Pyrénées, avant de faire de Paris sa capitale vers 508. Son baptême à Reims l’allie à l’Église catholique, contre les Wisigoths et les Burgondes qui sont restés ariens. La dynastie s’éteint avec Childéric III, déposé par Pépin le Bref et mort oublié dans un monastère.

Avec les Carolingiens, Charlemagne agrandit et structure le royaume

C’est justement ce Pépin le Bref qui ouvre la dynastie suivante, les Carolingiens. Il est d’ailleurs le premier monarque français à être sacré. Le nom des Carolingiens vient de Carolus, la forme latine de Charles. C’est le prénom du père de Pépin le Bref, Charles Martel, vainqueur des troupes arabes à Poitiers en 732. C’est aussi celui de son fils Charlemagne, couronné empereur à Rome le jour de Noël de l’an 800. L’empire de Charlemagne, trop vaste pour tenir en un seul bloc, se fracture entre héritiers et donne naissance au Saint-Empire romain germanique à l’est.

Les Capétiens  s’installent pour huit siècles

Hugues Capet devient roi en 987, après la mort sans héritier du dernier Carolingien, et il est élu par les grands seigneurs du royaume. Il ne contrôle directement qu’un territoire restreint autour de Paris, Orléans et Senlis, plus petit que celui des grandes principautés féodales. Il fait sacrer son fils Robert de son vivant, un geste décisif qui contribue à installer durablement la transmission héréditaire de la couronne. Les Capétiens directs gardent le pouvoir sans interruption pendant plus de trois siècles et agrandissent progressivement le domaine royal. Philippe Auguste en multiplie considérablement l’étendue face aux possessions anglaises. Saint Louis développe Aigues-Mortes comme grand port royal méditerranéen avant de mourir devant Tunis en 1270, lors de la huitième croisade. 

Les Valois affrontent la guerre de Cent Ans avant d’accompagner la Renaissance

Faute d’héritier direct, le trône capétien passe à des cousins, les Valois. Le roi d’Angleterre conteste leur légitimité et revendique la couronne de France, déclenchant la guerre de Cent Ans. Les Anglais écrasent les chevaliers français à Crécy puis à Poitiers, avant qu’une jeune paysanne lorraine, Jeanne d’Arc, ne redonne un élan à la reconquête aux côtés de Charles VII. François Ier accélère ensuite l’influence de la Renaissance italienne en France et fait construire des châteaux comme Chambord. Les guerres de Religion déchirent ensuite le royaume, jusqu’au massacre de la Saint-Barthélemy en 1572. Un moine catholique, Jacques Clément, assassine Henri III, dernier roi Valois, en 1589. 

Les Bourbons portent la monarchie à son apogée

Henri IV devient le premier roi de la dynastie des Bourbons et rétablit la paix civile avec l’édit de Nantes en 1598. Son petit-fils Louis XIV installe la cour à Versailles pour surveiller la noblesse de près et gouverne seul, sans partager le pouvoir. Il mène de nombreuses guerres pendant son règne, qui ruinent les finances du royaume. Il révoque aussi l’édit de Nantes en 1685, et des dizaines de milliers de protestants quittent la France. Les révolutionnaires renversent la monarchie en 1792, et Louis XVI est guillotiné l’année suivante. Après la défaite de Napoléon, Louis XVIII monte sur le trône en 1814 : c’est la Restauration. À sa mort, son frère Charles X lui succède en 1824. Il mène une politique très conservatrice et tente notamment de renforcer l’autorité du roi. En juillet 1830, une révolution le contraint à abdiquer. Charles X est le dernier roi de France.

La maison d’Orléans donne son dernier roi aux Français

Louis-Philippe Ier devient alors roi des Français. Issu de la branche d’Orléans des Bourbons, il règne pendant dix-huit ans, jusqu’à la révolution de 1848 qui entraîne son abdication et met fin à la monarchie française.

Infographie représentant la répartition des prénoms des rois de France

La liste complète des rois de France

LES MÉROVINGIENS (481-751) 

Clovis Ier (481-511)

Il devient roi des Francs saliens à quinze ans, à la mort de son père Childéric Ier. Il unifie sous son autorité les différents royaumes francs en triomphant de ses rivaux. Il se fait baptiser à Reims vers 496 et devient l’allié de l’Église catholique de Rome, à une époque où les royaumes voisin sont essentiellement ariens. Cette alliance religieuse structure la France pour les siècles suivants jusqu’à la fin de la monarchie.

Thierry Ier (511-534)

Fils aîné de Clovis, né d’une première union avant son mariage avec Clotilde, il reçoit l’Austrasie lors du partage du royaume entre les quatre fils de Clovis. Son territoire, à l’est, en fait le frère le mieux placé pour mener des campagnes contre les peuples germaniques voisins. Il meurt de mort naturelle, ce qui est suffisamment rare parmi ses frères pour être noté par les chroniqueurs de l’époque.

Clodomir (511-524)

Deuxième fils de Clovis, il reçoit le royaume d’Orléans lors du même partage de 511. Il meurt au combat contre les Burgondes à la bataille de Vézeronce, laissant de jeunes enfants dont le sort tragique, assassinés par leurs propres oncles pour éviter tout partage supplémentaire du royaume, illustre la brutalité des rivalités familiales mérovingiennes. Son royaume est absorbé par ses frères survivants.

Childebert Ier (511-558)

Troisième fils de Clovis, il reçoit Paris et la région centrale du royaume, la part la plus prestigieuse du partage. Il participe activement aux guerres et aux complots qui opposent ses frères, notamment à l’élimination des fils de Clodomir. Il meurt sans héritier mâle survivant, ce qui permet à son frère Clotaire de récupérer son territoire.

Clotaire Ier (511-561, seul roi à partir de 558) 

Quatrième fils de Clovis, il survit à ses trois frères, morts ou éliminés, et finit par réunifier l’ensemble du royaume franc entre ses seules mains vers la fin de sa vie. Son règne est marqué par la même violence familiale que celui de ses frères, notamment l’exécution de plusieurs de ses propres fils rebelles. À sa mort, il repartage à son tour le royaume entre ses quatre fils survivants, reproduisant le schéma qui a marqué toute cette génération.

Caribert Ier (561-567)

Fils aîné de Clotaire Ier, il reçoit Paris lors du nouveau partage du royaume entre les quatre fils survivants. Son règne reste bref et peu documenté, éclipsé par les rivalités bien plus spectaculaires de ses frères Sigebert et Chilpéric. Sa mort sans héritier mâle permet à ses frères de se partager à leur tour son territoire.

Gontran (561-592)

Fils de Clotaire Ier, il reçoit le royaume de Bourgogne, avec Orléans pour capitale, lors du partage de 561. Contrairement à ses frères, il se montre plus prudent et cherche souvent à arbitrer les conflits entre Sigebert et Chilpéric plutôt qu’à y participer activement. Il finit par adopter son neveu Childebert II, fils de Sigebert, faute d’héritier direct, ce qui préserve une certaine stabilité dans son royaume.

Sigebert Ier (561-575)

Fils de Clotaire Ier, il reçoit l’Austrasie et épouse la princesse wisigothe Brunehaut, dont l’arrivée à la cour franque déclenche une rivalité féroce avec Frédégonde, l’épouse de son frère Chilpéric. Cette rivalité entre les deux femmes alimente des décennies de guerres entre les royaumes francs. Il est assassiné sur ordre de Frédégonde alors qu’il vient tout juste de vaincre son frère Chilpéric, un retournement de situation qui marque durablement les esprits de l’époque.

Chilpéric Ier (561-584)

Fils de Clotaire Ier, il reçoit la Neustrie et épouse Frédégonde, dont la haine envers Brunehaut structure l’essentiel de son règne. Sa rivalité avec son frère Sigebert puis avec sa veuve Brunehaut se traduit par une succession de guerres et de vengeances croisées entre les deux royaumes francs. Il est lui-même assassiné en 584, sans qu’on sache avec certitude qui a commandité ce meurtre.

Clotaire II (584-629)

Fils de Chilpéric Ier et de Frédégonde, il devient roi à peine né, sous la régence de sa mère qui poursuit sans relâche sa guerre contre Brunehaut. Il réunifie l’ensemble du royaume franc une seconde fois en 613, après avoir fait exécuter Brunehaut dans des conditions particulièrement cruelles, attachée à la queue d’un cheval. Il signe ensuite avec la noblesse un accord, l’édit de Paris, qui limite le pouvoir royal au profit des grands seigneurs, préfigurant l’affaiblissement futur de la dynastie.

Dagobert Ier (629-639)

Fils de Clotaire II, il est souvent réduit à tort à une chanson pour enfants sur sa culotte à l’envers, alors qu’il reste le dernier Mérovingien vraiment actif sur le plan politique. Il centralise l’administration du royaume, favorise les arts et l’orfèvrerie, notamment à travers l’atelier de son conseiller Éloi, futur saint patron des orfèvres. Il fait de la basilique de Saint-Denis la nécropole des rois de France, un lieu où la plupart de ses successeurs seront ensuite enterrés à leur tour.

Clovis II (639-657)

Fils de Dagobert Ier, il monte sur le trône enfant et gouverne sous la tutelle de sa mère Nanthilde, puis sous celle de son maire du palais. Cette fonction de premier ministre, jusque-là subalterne, commence sous son règne à prendre un poids réel dans la gestion des affaires du royaume. Son règne marque le début d’une longue série de rois mérovingiens qui exercent de moins en moins de pouvoir personnel.

Clotaire III (657-673)

Fils de Clovis II, il devient roi enfant, et le pouvoir réel appartient déjà largement à son maire du palais, Ébroïn, une figure autoritaire qui domine les affaires du royaume à sa place. Ce basculement du pouvoir vers les maires du palais devient la norme pour le reste de la dynastie mérovingienne. Son règne, comme celui de son père, ne laisse guère de trace dans les chroniques en dehors des manœuvres de son entourage.

Childéric II (673-675)

Frère de Clotaire III, il lui succède après une brève période de troubles à la mort de ce dernier. Son règne est marqué par des tensions croissantes avec l’aristocratie, qu’il tente de mater par la force plutôt que par la négociation. Il est assassiné, avec son épouse enceinte, lors d’une partie de chasse en forêt, un épisode qui illustre l’instabilité chronique de cette fin de dynastie.

Thierry III (675-691)

Frère de Childéric II et de Clotaire III, il connaît un parcours agité, d’abord écarté du trône puis réinstallé après une période de troubles. Sa remontée sur le trône illustre le jeu de chaises musicales qui caractérise la période, où les grandes familles aristocratiques placent et déplacent les rois selon leurs propres intérêts. Sous son règne, le maire du palais Pépin de Herstal, ancêtre des futurs Carolingiens, commence à concentrer un pouvoir considérable.

Clovis III (691-695)

Fils de Thierry III, il monte sur le trône dans la continuité de la domination exercée par le maire du palais Pépin de Herstal. Aucun acte marquant, aucune décision personnelle notable ne lui est attribué dans les chroniques de l’époque, ce qui en dit long sur la fonction qu’occupe alors le roi. Son règne, bref et effacé, illustre à quel point la fonction royale s’est vidée de sa substance en quelques générations à peine.

Childebert III (695-711)

Fils de Thierry III. Il règne à une époque où le titre royal devient largement honorifique. Les actes officiels continuent d’être signés en son nom, mais les décisions se prennent ailleurs, dans l’entourage du maire du palais. Il transmet le trône sans que rien n’ait vraiment changé dans l’équilibre réel du pouvoir.

Dagobert III (711-715)

Fils de Childebert III, il monte sur le trône très jeune, entièrement sous la coupe de son entourage. Il meurt sans avoir jamais exercé de pouvoir personnel, à peine sorti de l’adolescence. Son règne illustre à quel point la fonction royale s’est vidée de sa substance en quelques générations à peine, un phénomène qui va se poursuivre jusqu’à la fin de la dynastie.

Chilpéric II (715-721) 

Ancien moine, il est propulsé sur le trône par des rivalités de cour à la mort de Dagobert III, dans un contexte de lutte entre différentes branches de la famille mérovingienne. Ce parcours illustre le degré d’artifice atteint par la fonction royale à cette époque, où n’importe quel descendant mérovingien, même retiré du monde, peut redevenir roi du jour au lendemain. Son règne se déroule sous la domination croissante de Charles Martel, fils illégitime de Pépin de Herstal.

Thierry IV (721-737)

Installé sur le trône par Charles Martel, alors maire du palais et véritable homme fort du royaume, il ne dispose d’aucune autorité réelle. Charles Martel gouverne à sa place sans jamais prendre lui-même le titre de roi, se contentant du pouvoir effectif tout en laissant la fiction dynastique perdurer. À la mort de Thierry IV, Charles Martel choisit de ne désigner aucun successeur immédiat, laissant le trône vacant pendant plusieurs années.

Childéric III (743-751)

Dernier roi mérovingien, il est remis sur un trône resté vacant pendant six ans faute de successeur désigné, à l’initiative des fils de Charles Martel, Pépin le Bref et Carloman. Il occupe la fonction royale sans le moindre pouvoir réel, une simple caution de légitimité pour la famille qui gouverne effectivement le royaume. Il est finalement déposé par Pépin le Bref, avec l’accord du pape, tondu selon la coutume et envoyé finir ses jours dans un monastère, ce qui met fin à deux siècles et demi de dynastie mérovingienne.

LES CAROLINGIENS (751-987)

Pépin le Bref (751-768)

Fils de Charles Martel et ancien maire du palais, il fait officiellement déposer le dernier Mérovingien et se fait sacrer roi avec l’appui du pape, un geste qui légitime religieusement sa prise de pouvoir. En échange de ce soutien, il défend militairement les intérêts territoriaux de la papauté en Italie face aux Lombards, un geste qui pèsera longtemps sur les relations entre rois de France et papes. Il fonde ainsi sa propre dynastie, celle des Carolingiens, du nom de son fils Charlemagne.

Charlemagne (768-814)

Fils de Pépin le Bref, il devient roi des Francs puis empereur d’Occident à partir de l’an 800, couronné par le pape lui-même à Rome lors d’une cérémonie restée célèbre. Il agrandit considérablement le territoire jusqu’à couvrir une bonne partie de l’Europe occidentale, réforme l’administration en s’appuyant sur des envoyés royaux chargés de contrôler les provinces, et uniformise l’écriture. Il impulse également un renouveau culturel et scolaire connu sous le nom de renaissance carolingienne, avec des écoles ouvertes dans les monastères et à sa cour d’Aix-la-Chapelle, où il installe sa résidence favorite.

Louis Ier le Pieux (814-840)

Seul héritier survivant de Charlemagne, il hérite d’un empire immense mais difficile à administrer d’un seul bloc. Son règne est marqué par des révoltes répétées de ses propres fils, impatients de se partager l’héritage paternel de son vivant plutôt que d’attendre sa mort. Ces déchirements familiaux affaiblissent durablement l’unité de l’empire, préparant le partage qui suivra sa mort.

Charles II le Chauve (843-877)

Petit-fils de Charlemagne par son père Louis le Pieux, il est un des trois frères qui se partagent l’empire au traité de Verdun en 843, un accord fondateur qui dessine, en creux, les futures frontières de la France et de l’Allemagne. Il reçoit la partie occidentale de l’empire, celle qui deviendra progressivement le royaume de France. Il finit par obtenir également le titre impérial en 875, réunissant brièvement sous son nom une partie de l’héritage de son grand-père.

Louis II le Bègue (877-879)

Fils de Charles II le Chauve, il monte sur le trône dans une période où l’autorité royale s’affaiblit face à la montée en puissance des seigneurs locaux. Son règne, court et sans grand relief, ne laisse guère de trace dans les mémoires en dehors de son surnom, qui évoque un défaut d’élocution. Sa mort précoce laisse le royaume à ses deux fils encore jeunes.

Louis III (879-882)

Fils de Louis II le Bègue, il règne d’abord conjointement avec son frère Carloman II, se partageant les responsabilités du royaume selon la coutume familiale héritée des générations précédentes. Il remporte une victoire notable contre des envahisseurs vikings à la bataille de Saucourt en 881, un des rares succès militaires de cette période de déclin. Il meurt accidentellement peu après, laissant son frère poursuivre seul le règne commun.

Carloman II (879-884)

Frère de Louis III, il règne d’abord avec lui puis seul après sa mort accidentelle, jusqu’à sa propre disparition prématurée quelques années plus tard, également des suites d’un accident. Son règne, comme celui de son frère, se déroule sous la pression constante des raids vikings qui remontent régulièrement les fleuves du royaume. Sa mort sans héritier direct ouvre la voie à un cousin plus éloigné de la famille carolingienne.

Charles le Gros (885-887)

Descendant de Charlemagne par une branche germanique de la famille, il parvient brièvement à réunifier l’ensemble de l’empire carolingien entre ses mains, un exploit qu’aucun de ses prédécesseurs récents n’avait accompli. Il échoue toutefois à défendre efficacement Paris, assiégée pendant plus d’un an par les Vikings, ce qui ruine son prestige auprès de la noblesse. Il est déposé pour incompétence en 887, un échec qui précipite l’éclatement définitif de l’empire en plusieurs royaumes séparés.

Eudes (888-898)

Il appartient à la famille des Robertiens, du nom de son ancêtre Robert le Fort, et n’a donc aucun lien de sang avec les Carolingiens qu’il remplace temporairement sur le trône. Il est élu roi par les grands seigneurs pour récompenser sa défense héroïque de Paris assiégée par les Vikings, un épisode qui a fait de lui un héros populaire. Son élection, en dehors de la lignée carolingienne habituelle, annonce l’ascension future de sa famille, qui donnera plus tard naissance à la dynastie capétienne.

Charles III le Simple (898-922)

Descendant légitime de Charlemagne, il finit par récupérer le trône après la mort d’Eudes, restaurant temporairement la lignée carolingienne. Il négocie avec le chef viking Rollon le traité de Saint-Clair-sur-Epte en 911, qui donne naissance au duché de Normandie en échange de la paix et de la conversion au christianisme du chef scandinave. Il finit toutefois par être détrôné puis emprisonné par ses propres vassaux, révélant la fragilité persistante de l’autorité royale.

Robert Ier (922-923)

Frère d’Eudes et donc lui aussi issu de la famille robertienne, il se rebelle ouvertement contre Charles le Simple avec l’appui d’une partie de la noblesse mécontente. Il meurt au combat après un règne d’à peine un an, tué en pleine bataille de Soissons alors qu’il affrontait lui-même son rival carolingien. Sa mort ne met pas fin aux ambitions de sa famille, qui continuera de peser lourdement sur les affaires du royaume dans les décennies suivantes.

Raoul (923-936)

Duc de Bourgogne et gendre de Robert Ier, il est choisi par la noblesse pour succéder à ce dernier plutôt que de laisser le trône revenir directement aux Carolingiens. Il occupe le trône dans une période de grande instabilité, entre Carolingiens et Robertiens qui continuent de se disputer la légitimité royale. Son pouvoir réel reste réduit à peu de chose face aux grands féodaux, qui contrôlent désormais des territoires souvent plus riches que celui du roi lui-même.

Louis IV d’Outremer (936-954)

Fils de Charles III le Simple, il est surnommé ainsi parce qu’il a grandi en exil en Angleterre après la déposition de son père. Il revient en France pour restaurer la lignée carolingienne sur le trône, mais règne mal, dépendant en permanence du soutien des puissants ducs de son entourage, notamment Hugues le Grand, père du futur Hugues Capet. Son règne illustre combien la couronne carolingienne a perdu de son autorité face aux grandes familles féodales.

Lothaire (954-986)

Fils de Louis IV d’Outremer, il règne pendant plus de trente ans dans une relative stabilité, mais son autorité continue de s’affaiblir face à la puissance grandissante des grands féodaux. Parmi eux, la famille des futurs Capétiens contrôle déjà des territoires plus riches et mieux administrés que le domaine royal lui-même. Son règne prépare, sans qu’il en ait conscience, la fin prochaine de la dynastie carolingienne.

Louis V le Fainéant (986-987)

Fils de Lothaire, il devient le dernier roi carolingien après un règne d’à peine un an. Il meurt à la suite d’un accident de chasse, sans laisser d’héritier, dans des circonstances qui alimentent alors des rumeurs d’empoisonnement. Sa mort ouvre la voie à l’élection d’Hugues Capet par l’assemblée des grands seigneurs du royaume, mettant fin à plus de deux siècles de domination carolingienne.

LES CAPÉTIENS DIRECTS (987-1328)

Hugues Capet (987-996)

Descendant des Robertiens par son père Hugues le Grand, il est élu roi par les grands seigneurs du royaume plutôt que de succéder par simple hérédité. Il ne contrôle en réalité qu’un territoire minuscule autour de Paris et d’Orléans, bien plus petit que celui de certains de ses propres vassaux. Sa vraie invention n’est pas la conquête mais la transmission : il fait sacrer son fils de son vivant, verrouillant ainsi l’hérédité de la couronne pour les huit siècles suivants.

Robert II le Pieux (996-1031)

Fils d’Hugues Capet, il est connu pour sa piété affichée et sa dévotion religieuse, allant jusqu’à composer lui-même des chants liturgiques. Il est un temps excommunié par le pape pour avoir épousé une cousine trop proche selon le droit canonique de l’époque, avant de devoir se séparer d’elle et de se remarier. Son règne, pieux mais politiquement modeste, consolide néanmoins la légitimité encore fragile de la nouvelle dynastie capétienne.

Henri Ier (1031-1060)

Fils de Robert II le Pieux, il doit d’abord affronter la rébellion de sa propre mère, qui préférait voir son frère cadet lui succéder. Son mariage avec Anne de Kiev, princesse d’un lointain royaume russe, illustre l’étendue des réseaux diplomatiques d’un royaume pourtant encore modeste sur la scène européenne de l’époque. Il passe une bonne partie de son règne à défendre son autorité face à des vassaux puissants, notamment le duc de Normandie, qui deviendra plus tard roi d’Angleterre.

Philippe Ier (1060-1108) 

Fils d’Henri Ier, il règne pendant près de cinquante ans, un des plus longs règnes de la dynastie capétienne à cette époque. Le domaine royal progresse peu sous son autorité, mais son règne voit le lancement de la première croisade en 1096, un événement qui mobilise une bonne partie de la noblesse française vers Jérusalem. Il ne participe pas personnellement à cette expédition, étant alors excommunié pour avoir répudié sa première épouse.

Louis VI le Gros (1108-1137)

Fils de Philippe Ier, il est le premier roi capétien à faire vraiment sentir son autorité, en s’attaquant sans relâche aux seigneurs pillards qui contrôlent les routes commerçantes autour de Paris. Il s’appuie sur son conseiller Suger, abbé de Saint-Denis, pour consolider méthodiquement le pouvoir royal avant même de songer à étendre son territoire au-delà de ce noyau central. Son surnom vient de sa corpulence, qui l’empêchera même de monter à cheval vers la fin de sa vie.

Louis VII le Jeune (1137-1180)

Fils de Louis VI le Gros, il part en croisade et épouse Aliénor d’Aquitaine, un mariage qui aurait apporté à la couronne un immense ensemble de territoires dans le sud-ouest du royaume. L’union est finalement annulée pour cause de consanguinité, et Aliénor se remarie aussitôt avec le futur roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt. Tout ce territoire bascule alors côté anglais, une décision qui explique à elle seule deux siècles de guerres franco-anglaises.

Philippe II Auguste (1180-1223)

Fils de Louis VII, il reprend une bonne partie du terrain perdu sous son père en récupérant la Normandie et une grande partie de l’ouest du royaume aux Plantagenêts. Il double la taille du domaine royal, fait construire une nouvelle enceinte fortifiée autour de Paris ainsi que le donjon du Louvre. Il écrase une coalition anglo-germanique à la bataille de Bouvines en 1214, une victoire qui renforce durablement le prestige de la couronne dans tout le royaume.

Louis VIII le Lion (1223-1226)

Fils de Philippe II Auguste, il ne règne que trois ans, mais poursuit activement la croisade contre les Cathares dans le sud du royaume, entamée par son père. Cette campagne militaire et religieuse prépare l’annexion future du Languedoc au domaine royal, un agrandissement territorial considérable pour la couronne. Il meurt de maladie sur le chemin du retour d’une de ces expéditions militaires.

Louis IX, Saint Louis (1226-1270)

Fils de Louis VIII, il incarne l’idéal du roi juste, rendant lui-même la justice sous un chêne à Vincennes selon la légende, et fait construire la Sainte-Chapelle à Paris pour abriter des reliques rapportées d’Orient. Il part deux fois en croisade, où il finit par mourir de maladie devant les remparts de Tunis, lors de la seconde expédition. Il sera canonisé quelques décennies après sa mort, devenant le seul roi de France jamais fait saint par l’Église.

Philippe III le Hardi (1270-1285)

Fils de Saint Louis, il hérite du trône dans des circonstances dramatiques, en pleine croisade, à la mort de son père devant Tunis. Son règne reste dans l’ombre de celui de son père, entre campagnes militaires peu concluantes en Aragon et agrandissements territoriaux modestes. Il rentre malade de cette dernière expédition et meurt peu après, laissant le trône à son fils dans un climat de déception générale.

Philippe IV le Bel (1285-1314)

Fils de Philippe III, il pousse l’autorité royale très loin, affrontant directement le pape Boniface VIII jusqu’à faire mener contre lui une opération armée spectaculaire à Anagni, où le pape est molesté par les hommes de son conseiller Guillaume de Nogaret. Il réunit pour la première fois des États généraux en 1302 pour asseoir sa légitimité face à Rome, et s’en prend aux Templiers pour éponger les dettes de la couronne et récupérer leur immense fortune. Il fait finalement exécuter leur grand maître, Jacques de Molay, sur le bûcher en 1314, la même année que sa propre mort.

Louis X le Hutin (1314-1316)

Fils de Philippe le Bel, son règne reste bref et sans grand relief, marqué surtout par une révolte de la noblesse qui obtient des concessions face à l’autorité royale renforcée par son père. Son surnom, le Hutin, signifierait le querelleur, en référence à son tempérament impulsif et colérique. Il meurt subitement, laissant une fille et une épouse enceinte, ce qui ouvre une crise de succession inédite pour la dynastie.

Jean Ier le Posthume (1316)

Né après la mort de son père Louis X, il est roi de France dès sa naissance, pendant environ cinq jours, avant de mourir en bas âge dans des circonstances qui resteront à jamais mystérieuses. Ce règne minuscule en fait le plus court de toute l’histoire de France, un record qui ne sera jamais approché. Sa mort relance immédiatement la crise de succession, cette fois au profit de son oncle Philippe.

Philippe V le Long (1316-1322)

Oncle de Jean Ier le Posthume, il s’impose sur le trône au détriment de la fille de Louis X, sa nièce, dans un contexte de tensions dynastiques considérables. Son accession établit dans les faits le principe selon lequel les femmes ne peuvent succéder à la couronne de France, un principe que la génération suivante théorisera et justifiera sous le nom de loi salique. Ce nom vient d’un ancien code de droit franc qui ne concernait pourtant pas, à l’origine, la succession royale, ce qui montre que la fameuse loi salique doit moins à une règle ancienne qu’à une justification construite après coup.

Charles IV le Bel (1322-1328)

Frère de Philippe V, il devient à son tour roi faute d’héritier mâle direct chez son prédécesseur, poursuivant la série de successions fraternelles qui caractérise cette génération. Il meurt lui-même sans héritier mâle, dernier représentant de la branche directe des Capétiens issue d’Hugues Capet. Le roi d’Angleterre, petit-fils de Philippe le Bel par sa mère, réclame alors la couronne de France au nom de sa filiation, une querelle qui ouvre la guerre de Cent Ans.

LES VALOIS (1328-1589)

Philippe VI (1328-1350)

Cousin des derniers Capétiens directs, il est préféré au roi d’Angleterre pour la couronne de France par les grands seigneurs, qui refusent l’idée d’un roi étranger. Sa légitimité contestée déclenche la guerre de Cent Ans, qui va traverser six générations de Valois et ravager périodiquement le territoire pendant plus d’un siècle. Il subit une défaite désastreuse à Crécy en 1346 face à l’armée anglaise, un choc qui révèle l’obsolescence de la chevalerie française face aux nouvelles tactiques militaires.

Jean II le Bon (1350-1364)

Fils de Philippe VI, il est fait prisonnier par les Anglais à la bataille de Poitiers en 1356, un désastre militaire retentissant où la fine fleur de la chevalerie française est capturée ou tuée. Il doit être racheté contre une rançon colossale qui appauvrit durablement le royaume et pousse à une refonte complète du système fiscal pour la financer. Il retourne finalement en captivité volontaire en Angleterre après la fuite d’un de ses fils otages, un geste d’honneur chevaleresque qui frappe les esprits de son époque.

Charles V le Sage (1364-1380) 

Fils de Jean II le Bon, il redresse la situation laissée par son père en réorganisant l’armée autour de chefs compétents comme le connétable Du Guesclin. Il reconquiert méthodiquement le terrain perdu face aux Anglais, sans jamais chercher lui-même la bataille rangée qui avait coûté si cher à son père. Grand lecteur, il fait aussi rassembler à Paris une importante bibliothèque royale, ancêtre lointain de la Bibliothèque nationale de France.

Charles VI (1380-1422)

Fils de Charles V, son règne bascule dans des crises de folie récurrentes à partir de 1392, qui lui vaudront le surnom de Charles le Fou autant que celui de Charles le Bien-Aimé. Le royaume s’effondre en guerre civile entre grandes familles rivales, Armagnacs et Bourguignons, ce qui laisse le champ libre aux Anglais pour revenir en force et occuper Paris. Le roi d’Angleterre est même reconnu héritier du trône de France par le traité de Troyes en 1420, une humiliation sans précédent pour la couronne française.

Charles VII (1422-1461)

Fils de Charles VI, il hérite d’un royaume à moitié occupé, surnommé avec mépris le petit roi de Bourges, jusqu’à ce qu’une jeune paysanne lorraine, Jeanne d’Arc, le convainque de se faire sacrer à Reims en 1429. Cette consécration relance la reconquête du royaume, et une fois Jeanne d’Arc capturée puis brûlée par les Anglais, il poursuit seul cette reconquête pendant vingt ans. Il finit par chasser presque entièrement les Anglais du territoire français en 1453, mettant fin à la guerre de Cent Ans.

Louis XI (1461-1483)

Fils de Charles VII, il termine le travail de consolidation de son père, moins par les armes que par la ruse politique et diplomatique, un art dans lequel il excelle au point de recevoir le surnom d’universelle aragne, l’araignée universelle. Il neutralise méthodiquement le duché de Bourgogne, principal rival intérieur de la couronne, après la mort au combat de son duc Charles le Téméraire en 1477. Ce succès permet un agrandissement territorial considérable du domaine royal en Bourgogne et en Picardie.

Charles VIII (1483-1498)

Fils de Louis XI, il monte sur le trône encore enfant, sous la régence de sa sœur Anne de Beaujeu, une femme habile qui consolide l’héritage paternel. Une fois adulte, il lance la France dans les guerres d’Italie en revendiquant le royaume de Naples au nom d’un héritage familial lointain, une série de campagnes coûteuses qui ramènent surtout, en butin culturel, l’influence de la Renaissance italienne. Il meurt d’un accident stupide, en se cognant la tête contre un linteau de porte trop bas dans son château d’Amboise.

Louis XII (1498-1515)

Cousin de Charles VIII, il lui succède faute d’héritier direct et devient surnommé le père du peuple pour avoir allégé la fiscalité pesant sur les paysans. Il poursuit les campagnes d’Italie entamées par son prédécesseur, avec des succès et des revers alternés en Lombardie et à Naples. Il épouse en secondes noces une princesse anglaise beaucoup plus jeune que lui, sans laisser d’héritier mâle à sa mort.

François Ier (1515-1547)

Cousin et gendre de Louis XII, il incarne la Renaissance à la française, mécène des arts et rival de l’empereur Charles Quint pour le titre impérial puis pour la domination de l’Italie. Il fait construire le château de Chambord et attire Léonard de Vinci à sa cour, où l’artiste finira ses jours près d’Amboise. Sa défaite et sa capture à Pavie en 1525 marquent un des grands revers militaires de son règne, un an entier passé prisonnier en Espagne avant sa libération.

Henri II (1547-1559)

Fils de François Ier, il poursuit la rivalité de son père avec les Habsbourg tout en consolidant l’administration du royaume. Il meurt accidentellement lors d’un tournoi célébrant un traité de paix, l’œil transpercé par un éclat de lance lors d’un duel contre le capitaine de sa garde. Sa mort laisse le trône à des fils encore jeunes et fragiles, ouvrant une période d’instabilité pour la couronne.

François II (1559-1560)

Fils aîné d’Henri II, il est marié très jeune à Marie Stuart, reine d’Écosse, et meurt à peine un an après son accession au trône. Il n’a jamais vraiment régné par lui-même, sous la forte influence de la famille de Guise, oncles de sa jeune épouse, qui gouvernent en réalité à sa place. Sa mort précoce laisse le trône à son frère cadet, encore enfant.

Charles IX (1560-1574)

Frère de François II, il devient roi enfant sous la régence de sa mère, Catherine de Médicis, qui continue d’exercer une influence considérable même après sa majorité. Sous son règne a lieu le massacre de la Saint-Barthélemy en 1572, l’un des épisodes les plus sombres des guerres de Religion qui déchirent le royaume entre catholiques et protestants. Il meurt jeune, rongé par la culpabilité et la maladie, sans héritier mâle survivant.

Henri III (1574-1589)

Frère de Charles IX, il est rappelé de Pologne, où il venait d’être élu roi, pour prendre la couronne de France à la mort de son frère. Dernier roi Valois, son règne se déroule dans un climat de guerre civile permanente entre catholiques ligueurs et protestants. Il est assassiné par un moine fanatique en 1589, sans descendance pour lui succéder, ce qui ouvre la voie à son cousin protestant, Henri de Navarre.

LES BOURBONS (1589-1792, puis 1814-1830)

Henri IV (1589-1610)

Cousin éloigné des derniers Valois et chef du camp protestant, il doit se convertir au catholicisme pour accéder au trône, prononçant selon la légende la formule « Paris vaut bien une messe ». Il impose ensuite la coexistence des deux religions avec l’édit de Nantes en 1598, mettant fin à près de quarante ans de guerres de Religion. Il reste dans la mémoire populaire comme le roi qui souhaitait voir chaque paysan mettre la poule au pot le dimanche, avant d’être assassiné en pleine rue à Paris en 1610 par un fanatique catholique.

Louis XIII (1610-1643)

Fils d’Henri IV, il monte sur le trône enfant, sous la régence de sa mère Marie de Médicis, avant de s’imposer progressivement dans les affaires du royaume. Une fois adulte, il s’appuie sur son ministre Richelieu pour affaiblir durablement le pouvoir des grands nobles au profit de l’autorité royale. Il poursuit également la lutte contre les places fortes protestantes, notamment lors du siège de La Rochelle en 1628.

Louis XIV (1643-1715) 

Fils de Louis XIII, surnommé le roi Soleil, il pousse la centralisation à son sommet en installant la cour à Versailles pour mieux tenir la noblesse sous surveillance permanente. Il mène de nombreuses guerres qui étendent puis épuisent le royaume, et révoque l’édit de Nantes en 1685, poussant de nombreux protestants français à l’exil. Il règne plus longtemps qu’aucun autre monarque de l’histoire de France, soit soixante-douze ans, monté sur le trône à cinq ans et mort à soixante-seize ans.

Louis XV (1715-1774)

Arrière-petit-fils de Louis XIV, il monte sur le trône à cinq ans à la mort de son arrière-grand-père et hérite d’un royaume prestigieux mais financièrement épuisé par les guerres du règne précédent. Son règne s’achève sur une impopularité croissante et une réputation de roi désengagé des affaires, résumée par la formule qu’on lui prête, « après moi, le déluge ». Il obtient malgré tout des acquisitions territoriales réelles, comme la Lorraine et la Corse, qui rejoignent le royaume durant son règne.

Louis XVI (1774-1792)

Petit-fils de Louis XV, il ne parvient pas à réformer un système fiscal à bout de souffle, ni à contenir la crise sociale qui s’aggrave à la fin des années 1780. La convocation des États généraux en mai 1789, censée trouver une issue à la crise, débouche au contraire sur la Révolution française. Il est déposé en 1792 puis exécuté en 1793 après un procès pour trahison, place de la Révolution, à Paris.

Louis XVIII (1814-1815, puis 1815-1824) 

Frère de Louis XVI, il est remis sur le trône par les puissances européennes après la chute de Napoléon, comprenant qu’un retour pur et simple à l’Ancien Régime est désormais impossible. Il accorde une charte constitutionnelle qui préserve certains acquis de la Révolution, une prudence qui contraste avec l’attitude future de son frère cadet. Son règne est brièvement interrompu par le retour surprise de Napoléon pendant les Cent-Jours en 1815, avant d’être rétabli après la défaite définitive de l’empereur à Waterloo.

Charles X, dernier roi de France (1824-1830) 

Autre frère de Louis XVI, il succède à Louis XVIII avec un tempérament bien plus attaché à l’Ancien Régime que celui de son prédécesseur. Son règne autoritaire, jusque dans le cérémonial du sacre volontairement archaïsant, provoque une révolution populaire dès 1830. Il est contraint à l’exil en quelques jours seulement après trois journées d’émeutes restées célèbres sous le nom des Trois Glorieuses.

MAISON D’ORLÉANS (1830-1848) 

Louis-Philippe Ier, roi des Français (1830-1848) 

Cousin des Bourbons, issu de la branche d’Orléans, il est porté au pouvoir par la révolution de 1830 et surnommé le roi-citoyen pour son style volontairement plus proche du peuple. Il règne sous une monarchie constitutionnelle plus proche des idées de 1789 que de l’Ancien Régime, mais son gouvernement, dominé par la haute bourgeoisie, finit par lasser une population privée du droit de vote. Une nouvelle révolution le renverse en 1848 et met fin, pour de bon cette fois, à la monarchie française, remplacée par la Deuxième République.

Liste de tous les rois de France : récapitulons !

Si vous ne devez retenir qu’une chose de cette liste, retenez les cinq grandes dynasties : 

  • Mérovingiens : 21 rois, dont 10 traditionnellement qualifiés de « rois fainéants »
  • Carolingiens : 15 rois
  • Capétiens directs : 15 rois
  • Valois : 13 rois
  • Bourbons : 5 rois sous l’Ancien Régime, puis Louis XVIII et Charles X sous la Restauration
  • Bourbons-Orléans : Louis-Philippe Ier sous la monarchie de Juillet

Pour les replacer dans le temps, gardez quelques noms comme points de repère : Clovis, Charlemagne, Hugues Capet, François Ier, Henri IV, Louis XIV, Louis XVI et Louis-Philippe. Les autres rois viennent progressivement se placer entre eux.

Mais il y a une autre façon de retenir cette histoire : parcourir les 72 rois un par un. C’est justement l’intérêt de cette liste. Même les règnes les plus courts, les rois les moins connus et les successions compliquées finissent par donner une image plus concrète de cette longue histoire.

Et si vous avez envie de vérifier ce que vous avez retenu, je pourrais préparer un quiz sur les rois de France, avec des questions qui mélangent dates, dynasties, événements et anecdotes. Ce serait l’occasion de voir si Clovis, Charles, Louis et Henri commencent enfin à arrêter de se mélanger.

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